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Est-ce que Triple-A rime avec qualité ?

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Le monde du jeu vidéo ne cesse de prendre de l’ampleur. De plus en plus de petits studios indépendants voient le jour. Avec eux, bon nombre de belles surprises. On notera, entre autre, Céleste, Limbo, Inside… force est de constater que leur nombre augmente chaque année pour notre plus grand plaisir. Beaucoup de ces jeux indépendants surprennent par leur excellent niveau de dévellopement. Face à eux, les « gros jeux » dont on entend toujours parler. Ils sont sur le devant de la scène mais, qu’en est-il réellement de leur qualité ?

 

Pour commencer, qu’est-ce que les jeux Triple-A exactement ?

 

Définition et origine des Triple-A

Voilà une belle manière de commencer ce débat. Précisons déjà cette notion que l’on voit être matraquée sur tous les réseaux.

D’abord, première chose à savoir : Les jeux Triple-A (ou « AAA », c’est comme vous le sentez !) sont nommés ainsi avant leur sortie. Ce sont des jeux qui ont nécessité un énorme budget développement et marketing. On attend donc qu’ils génèrent beaucoup de rendement.

Ce terme est apparu dans les 90’s. C’est une période de grand faste pour le jeu vidéoludique après le mythique krack de 1983. C’est une période d’effervescence créative. Et il faut marquer le coup. Pour faire avancer les technologies, il faut de l’argent, et pour avoir de l’argent, il faut susciter l’envie. Voilà les Triple-A qui font leurs apparitions. Et oui, ce terme sert à créer du buzz ! Par la suite, après avoir généré l’engouement nécessaire, il suffit d’anticiper les ventes. De fait, il apparaît bien moins risquer d’investir dans un jeu qui hante déjà le cœur de ses futurs joueurs !

 

Coleco Gemini
La Coleco Gemini console, sortie en 1982

Beaucoup de licences des années 2000’s sont des Triple A :

  • Zelda
  • Call of Duty
  • Grand Theft Auto

Nous voilà aujourd’hui avec une culture vidéoludique totalement (ou presque) formatée par ce type de jeux.

Les Triple-A et leur dérive…

Nous sommes actuellement dans une phase de surabondance. Des jeux, il en sort à la pelle. Et pour tous les goûts. Leur principe est simple : on vend un jeu au public, issu d’une licence ou non. On le fait rêver. On le tient en haleine. De cette façon, on pourrait déjà voir se profiler une dérive : le style. Le but n’étant pas de prendre de risques (vous l’aurez compris, pas de coup de folie qui pourrait faire perdre de l’argent…) les Triple-A auront tendance à rester dans le moule bien formaté des jeux à succès. Force est de constater que ce système tend à nous proposer des jeux comme on les connaît déjà.

 

Call of duty triple-A
Call Of Duty, le roi des Triple-A du genre FPS

 

Ensuite, de l’autre côté, on dégage un budget proportionnel au nombre aberrant de fanatiques (nous!) avant l’heure. Les équipes de développement sont en place, et commencent le travail.

Et c’est aussi là que le bât blesse.

Le buzz a bien marché. Le public est là, impatient ! Les attentes quant au retour sur investissement pèsent si lourd dans la balance que le problème pointe rapidement le bout de son nez…

La problématique de temps !

Le jeu doit sortir le plus vite possible. Oui, le temps c’est de l’argent ! L’attente est au rendez-vous, l’argent aussi. La pression est énorme. Avec tout l’argent engagé, les éditeurs ne peuvent se permettre aucun échec. Les équipes de développement, elles, travaillent d’arrache-pied, quitte à devoir enchaîner beaucoup d’heures en une seule journée, supporter les longues semaines sans repos… Nous l’avons vu, du reste, avec la polémique sur la sortie de Red Dead Redempetion 2.

 

RDR2 triple-A
Encore un qui ne s’en sortira pas !

Mais est-ce vraiment ce que nous voulons ? Effectivement, nous pourrons fièrement commencer à jouer avec le tout dernier bébé de notre licence préféré. Mais à quel prix ? Il est terminé, certes, « sur le papier », mais dans les faits, qu’en est-il vraiment de sa qualité ?

 

 

Quelques-un de ces jeux à décortiquer

Maintenant que nous savons de quoi il s’agit, c’est l’heure de l’analyse. Rappelons que le but est ici de repérer les éventuels bugs ou autres défauts qui nuiraient à la qualité du jeu. Elle tente d’être, dans son ensemble, la plus objective possible. Bien sûr, chacun se fait son avis et nous serons très heureux de les lire dans les commentaires ! Nous allons traiter ici rapidement de quelques grands noms du jeu vidéo, de ces Triple-A qui ont marqué les joueurs.

 

Anthem

Un jeu qui doit sauver l’honneur

Voilà un jeu qui a fait parler de lui ! Bioware tente, après la sortie (catastrophique) de Mass Effect Andromeda, de sortir du lourd avec un nouveau Triple A. La pression est au rendez-vous, et cela se ressent ! Le jeu, dont le multi est clairement mis en avant, ne semble pourtant pas optimiser pour. On se retrouve avec un matchmaking hasardeux, une stratégie inexistante (on y va bourrin hein, il n’y a que ça de vrai ^^), on se fait téléporter si le lead avance trop … Bref, pas mal de déceptions à ce niveau. On parlera également de l’ergo du menu à revoir et des nombreux bugs qui pleuvent à la sortie. Qu’en penser ? Le gameplay est bon, l’univers a tout pour faire rêver, mais les joueurs attendaient plus. Et c’est une énorme déception pour les gamers, qui voient en cet échec la fin de Bioware. Anthem, qui est paru en février 2019 (après avoir déjà retardé sa sortie) aurait nécessité encore quelques mois de développement…

 

Anthem triple-A déception
Le jeu multi qui attend la gloire…

Trop de pression et c’est la désillusion

C’est clairement une déception pour les joueurs, mais aussi pour EA, qui se consolent par ailleurs avec la franche réussite commerciale d’Apex.

On remarque ici encore une fois que le Triple-A, poussé par son éditeur, finit par sortir un peu trop tôt de sa période de production. On se retrouve avec un bon nombre de joueurs désenchantés. La qualité est, pour l’heure, loin d’être au rendez-vous. Cependant, sur ce type de jeu multijoueur, rien n’est encore perdu. EA compte bien relancer la machine et atténuer l’échec d’Anthem, qui n’arrive pas à faire collaborer, comme il l’aurait voulu, les deux types de joueurs auxquels s’adresse ce titre : un jeu à « histoire » comme Bioware sait les faire et une expérience vidéoludique concentrée sur l’action-aventure.

 

Days Gone

Sorti le 26 avril 2019 Days Gone est annoncé par Sony comme une exclue du tonnerre! Il est développé par le studio SIE Bend, habitué des jeux PlayStation sur consoles portables. Il s’attaque alors à un nouveau gros projet. Et c’est risqué!

 

Un titre trop attendu

Days Gone a tout du Triple A stéréotypé. Je m’explique. Le coup marketing de Sony fait son petit effet à l’E3. L’attente est énorme. Mais voilà, la question épineuse se pose. Faut-il jouer la sécurité en proposant un jeu surfant sur les modèles qui fonctionnent ? Ou tenter une nouvelle approche osée et risquée ? Là encore, la sécurité prime, le rendement doit être au rendez-vous. Ce sera donc l’exclusivité du déjà-vu et revu, mêlant les codes et les références des jeux qui vendent.

 

Days Gone horde
Days Gone et sa horde

 

Rajoutons à cela cette pression, inhérente à la production des Triple-A, et ce budget faramineux qui laisse (trop) la porte ouverte aux multiples fonctionnalités. Nous voilà donc avec un jeu ambitieux, truffé de bugs. Le framerate qui chute fréquemment, la spatialisation du son totalement incohérente, des bugs de collision à la pelle… Allez je vous en mets encore deux ou trois pour bien enfoncer le clou. Vous pouvez trouver également des micros freeze, des fonctionnalités hasardeuses (un coup ça fonctionne, un coup ça ne fonctionne pas !), du clipping…

La narration semble également souffrir de quelques défauts dans sa mise en scène. Les personnages sont charismatiques, les dialogues intéressants, mais leur articulation laisse à désirer. On se retrouve avec une sensation de louper, la mise en scène ne rendant pas hommage au travail pourtant bien opéré de la narration.

Bref, les maj ne cessent de pleuvoir à la sortie et pose cette question : pourquoi le vendre en cet état ?

 

La face sombre du Triple-A

Vous l’aurez compris, Days Gone est, à mon sens, le parfait exemple des déviances repérées dans les Triple-A :

  • Premièrement, un sujet traité sans réelles nouveautés. Un minimum de prise de risque pour un titre qui semble être un succédané des grands jeux ayant prouvé leur valeur .
  • Deuxièmement, une finition à la va-vite, malgré ces quelques 7 ans de développement. Ces petits soucis laissent les gamers avec un jeu truffé de bugs qui verront bon nombre de maj se succéder.
Days Gone panorama
Un panorama qui claque !

Finissons quand même sur une nuance. Days Gone n’est pas un jeu raté. C’est un très bon jeu, auquel nous jouons avec grand plaisir, et qui n’a rien à envier à ses copains du genre. Il est cependant intéressant de noter que sa dimension de Triple-A a nui à son développement. Certes l’investissement a permis de donner une grande envergure à ce jeu, c’est un fait. Mais l’engouement crée et les conditions dans lesquelles les développeurs ont dû travailler ont donné un jeu en dessous de nos attentes. Le résultat est un jeu lambda qui ne renouvelle en rien le genre, quand bien même le budget alloué aurait permis de tenter de nouvelles choses. La qualité n’est pas au rendez-vous pour ce titre qui a souffert de son statut de « grand titre » autoproclamé.

 

Que des ratés ?

Je vous ai donc exposé deux jeux qui, selon la majorité de la communauté gamer, ont souffert d’un développement au ras des pâquerettes. Qu’est-ce que l’on retient ?

 

Triple A ne rime pas toujours avec qualité…

Et bien oui, c’est un fait, qui dit gros budget, déploiement marketing au maximum et trailer de folie ne signifie pas forcément que la qualité sera au rendez-vous ! La pression, le rendement attendu, et le manque cruel de temps obligent certains éditeurs à pousser les développeurs dans leurs retranchements…

Coûte que coûte le jeu doit sortir, aboutit ou non …

Un problème de plus en plus fréquent lorsque l’on voit aujourd’hui les innombrables patchs qui pleuvent dès la sortie. Ne parlons pas non plus des DLC qui sont aujourd’hui monnaie courante. Ils donnent parfois cette désagréable sensation de payer plusieurs fois pour avoir le jeu complet, quand il y a plusieurs années, ils ne représentaient encore qu’un petit bonus du jeu.

 

Mais heureusement ce n’est pas systématique !

Parce que le but n’est pas de cracher sur les infâmes Triple-A (nous les aimons tout de même !), précisons que certains titres sont criants de réussite. On pensera notamment à Spider-Man, God Of War, Red Dead Redemption, Fallout 76 (non je rigole !)… Ces titres, bien qu’ayant chacun quelques petits défauts (qui peut se vanter d’être parfait ?) ont, dans l’ensemble, ravi les joueurs par leurs finitions abouties. Finalement, la qualité des Triple-A peut autant nous ravir que nous décevoir. Ne blâmons pas pour autant les développeurs qui s’adaptent (tant bien que mal) à toute la machine marketing.

 

Spider-man triple-A réussi
Un triple-A acclamé à sa sortie

Si aujourd’hui les Triple-A dominent le marché du jeu vidéo, une tendance tend pourtant à s’affirmer avec les années…

 

 

Les triple-I, ou la puissance des indépendants

 

Quand on parle Triple-A, on voit grand, très grand. On a affaire ici à du marketing pur et dur de géants du domaine qui brassent les billets comme certains brassent la bière. Mais voilà, depuis quelques années les indépendants prennent du galon, et grappillent, doucement, mais sûrement, des places au cœur de l’action. On en parle généralement peu de ces triple-I (pas assez encore en tout cas!). Alors qui sont-ils ? Selon Emeric Thoa, cofondateur du studio The Game Bakers, un triple-I regroupe ses quelques particularités :

  • Forte identité visuelle
  • Production value au top
  • Forte identité sonore
  • Gameplay innovant
  • Ultra polish
Firewatch triple-I
Firewatch, un Triple-I narratif très contemplatif

Ainsi, un triple-I est un jeu développé par un studio indépendant, qui, là ou un Triple-A tentera d’atteindre les 100% de réussite de tous les points de leur scope, préférera, lui, optimiser à 150% un point de travail spécifique. Concrètement, les triples I cherchent à créer un outstanding game, à se démarquer. Ici pas de feature creep, c’est l’affaire des Triple-A (on en a parlé tout à l’heure. Une augmentation du budget qui permet de faire évoluer des fonctionnalités, voir même d’en rajouter. Cela pose parfois un problème de temps – s’il faut repousser la sortie – ou même de qualité – s’il y a manque de temps, le jeu sortira tout de même…).

Revenons à nos moutons, nous disions donc que les triples I ont du talent à revendre et pour illustrer ce propos, je vous fais un petit retour sur l’un d’entre eux (parmi tant d’autres, je le conçois…).

 

Hellblade : Senua’s sacrifice

Un jeu d’action narratif développé par le studio Ninja Theorie. Nous incarnons Senua, une jeune femme d’origine nordique. Une tête tranchée accrochée à sa ceinture, entourée de corps en putréfaction et éblouie par une lumière aveuglante, le ton est donné : la psychologie sera de mise ici. Une belle narration sert ce titre qui nous trimballe dans les émotions torturées de l’héroïne.

 

Hellblade triple-I majestueux
Un triple-I psychologiquement puissant

 

Nous découvrons, par un habile twist narratif, que Senua est rongée par un mal divin (mythologie nordique). Les développeurs nous apprennent alors une mécanique essentielle du gameplay : ce mal, qui lui ronge littéralement la main, se propagera le long de son corps à chacune de ses morts. Lorsque celui-ci atteindra sa tête, elle mourra définitivement, et le jeu, lui, prendra fin. Un concept original et audacieux qui met du challenge dans notre jeu.

Et comment ne pas passer à côté de la sublime direction artistique de ce Triple-I qui peut, sans honte, faire pâlir les Triple-A ? L’ambiance sonore et visuelle est immersive au possible, renforcée notamment par l’absence d’HUD.

 

Hellblade triple-I
Attention au « mal divin ». Une mort de trop et vous pourriez mettre fin au jeu, définitivement…

Avec un gameplay un peu rigide et redondant, rappelons que ce Triple-I pousse au maximum l’expérience sensorielle dans ce jeu à haute tension psychologique. Ces faiblesses se font presque oublier : le standing out est bien présent. Hellblade illustre parfaitement le triple I dans toute sa splendeur. C’est un jeu unique, à la finition franchement impressionnante, qui nous permet de vivre une expérience de jeu jusque-là inconnue.

 

Pour finir

Voilà pour ce petit dossier sur les Triple-A. Vous l’aurez compris, la qualité se paie, bien sûr, mais cela ne fait pas tout. Certains Triple-A sauront faire valoir le budget colossal alloué dans leur titre, sans virer dans les déviances types citées plus haut. Les Triples-I, quant à eux, nous prouvent que la qualité n’a d’égal que l’ingéniosité et l’implication saine des développeurs.

 

 

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1 commentaire
  1. AlainB dit

    Annalyse très intéressante. J’avoue avec l’âge que j’ai de plus en plus de mal avec les AAA, malgrés qu’ils y en a des qualités. Je fais un paquets de jeux par ans, mais j’ai toujours en attente des trucs comme witcher 3, les derniers assassins creed, Prey et Dishonored 2, RE7, les Darks souls etc. Ils dorment dans leur coin pendant que je m’éclate sur des indés comme bomb chicken, katana zéro, ou The messenger.
    On a l’impression que c’est toujours la même chose reskinné (coucou Far Cry et ses maps quasis identiques).

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