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TEST – Bloodstained: Ritual of the Night

Le Castlevania qui se lâche

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https://www.youtube.com/watch?v=d79KArgmgcc

Rejeton d’un fructueux Kickstarter de 2015, Bloodstained est la dernière création d’IGA, surtout connu pour ses épisodes de Castlevania façon « Metroidvania ». En l’absence d’une proposition de la part de Konami, il a lui-même mis en chantier une suite spirituelle à Symphony of the Night et compagnie. En l’occurrence et avec son système de fragments, il faut davantage le comparer à Aria puis Dawn of Sorrow, sortis il y a 15 ans déjà ! La recette fait pourtant toujours mouche ; il n’y a qu’à passer quelques heures en sa compagnie pour se rendre compte à quel point l’exploration est hypnotique.


Techniquement entaché

Ses previews n’étaient guère rassurantes : Bloodstained: Ritual of the Night souffre de problèmes techniques assez crades, dont le choix des shaders plus que douteux (pourtant laissés à la discrétion des backers qui avaient pu voter en 2015), un aliasing prononcé ou des petits bugs graphiques, à droite à gauche, qui n’attestent pas d’une finition de grande qualité. Le passage d’une 2D sublime où chaque héros possédait des animations archi-léchées à cette 3D parfois hasardeuse n’est pas réjouissante mais elle permet, au moins, de se rapprocher de l’esprit des Castlevania d’IGA.

Bloodstained est en effet reconnaissable parmi mille, avec les nombreux détails qui font la signature d’IGA, à commencer par les animations d’attaques différentes pour chaque type d’arme ou la façon qu’ont les ennemis à se déplacer. La participation de Michiru Yamane aux compositions musicales n’est pas non plus étrangère au déjà-vu qui s’en dégage, sans parler du château qui sert de théâtre à l’aventure et dont nombre de pièces évoquent Castlevania, comme les points de sauvegarde et les portails de téléportation habituels.

Castlevania: Ritual of the Night

Manette en main, l’impression de jouer à un nouvel opus de Castlevania signé IGA est d’autant plus forte que l’inertie de Miriam, l’héroïne que contrôlent les joueurs, ainsi que son back dash rappellent très fortement ceux d’Alucard. Mais comme expliqué précédemment, c’est davantage aux Aria et Dawn of Sorrow que fait penser Bloodstained grâce à ses nombreux fragments à collectionner. À l’image des âmes que l’on pouvait obtenir en tuant chaque ennemi, Miriam peut acquérir un fragment sur chaque mob que l’on utilise ensuite contre des PM : certains permettent d’attaquer, d’autres ont des capacités spéciales comme déplacer un bloc. On obtient aussi des buffs et, c’était très attendu par les fans, quelques familiers qui gravitent autour de l’héroïne.

Le gameplay varie en fonction des équipements et des fragments sélectionnés, chaque arme s’utilisant différemment. Encore une fois, la variété des attaques rappelle très fortement Aria et Dawn of Sorrow avec toutes sortes d’armes à utiliser, de chaussures de kung-fu à une puissante ombrelle, en passant par toutes sortes de lames, de lances, de sceptres etc. Le joueur peut également choisir d’utiliser des revolvers et équiper différents types de munition.

Le plus intéressant et que chaque partie est différente puisque l’on n’obtient pas nécessairement les mêmes drops à chaque fois. Hélas, le déséquilibre est parfois criant tant certains fragments ou certains équipements sont « craqués », permettant de rouler sur les mobs et les boss du jeu. À chacun d’expérimenter et de trouver le combo qui lui convient.

Question exploration, Bloodstained est absolument addictif avec l’envie de visiter une salle supplémentaire qui se manifeste à chaque point de sauvegarde atteint. Aucune surprise de ce côté : la progression, très classique, se fait à l’aide des nouvelles capacités de l’héroïne, permettant de pénétrer dans de nouvelles zones, inaccessibles auparavant, jusqu’à ce qu’elle en déverrouille l’accès.

La minimap, d’ailleurs pas la plus pratique du genre, se dévoile petit à petit et il est toujours extrêmement grisant de voir des portions entières y apparaître. Il faut tout de même admettre que de nombreuses zones ont un peu le goût du réchauffé, parce que très similaires à ce que l’on aurait déjà visité dans certains Castlevania, comme la caverne sous-terraine ou la cathédrale, pour n’en citer que quelques-unes. De l’hommage à la redite, il n’y a parfois qu’un pas.

Un véritable festin

Le contenu de Bloodstained est tout à fait généreux, avec de très nombreux collectibles. Évidemment, les objets les plus convoités sont les équipements et les fragments dont le drop est aléatoire ; pour certains, il est conseillé d’augmenter sa statistique de chance. Il faut également découvrir des techniques spéciales pour chaque arme et des documents relatifs à l’histoire dans les bibliothèques éparpillées ici et là.

Un peu à la manière de Order of Ecclesia, un « mini-village » permet un certain nombre d’actions avec une forge et une boutique. C’est aussi l’occasion d’accepter des quêtes secondaires, rappelant Portrait of Ruin, mais qui sont pour la plupart tout à fait sommaires, comme abattre un certain nombre de tel ou tel ennemi, préparer telle recette ou apporter tel objet.

L’un des points intéressants de Bloodstained est de pouvoir forger quelques pièces d’équipement, en échange de matériaux rares, ainsi que de préparer de nombreux plats qui rendent des points de vie et qui augmentent définitivement les statistiques de Miriam. On regrette un peu que certains aspects de ce village soient sous-exploités, notamment l’agriculture, mais le jeu est déjà bien étoffé avec une durée de vie plus qu’honnête pour le genre, puisqu’il faut compter plus d’une dizaine d’heures pour le finir « en ligne droite ».

Castlevania est mort, vive Igavania

Les attaches avec les précédents jeux d’IGA sont bien visibles mais l’un des côtés les plus intéressants de Bloodstained est de ne pas être un Castlevania. On n’ira pas jusqu’à écrire que la scission est bien définitive, après tout Bloodstained se déroule dans un château habité, entre autres, par des vampires. Mais ne pas travailler sous la licence Castlevania permet de se lâcher davantage que d’habitude. On notera quelques créatures absolument improbables, comme le matou démoniaque géant ou la tête de bichon aux babines retroussées, qui rendent hommage aux animaux domestiques des backers. Les portraits de ces derniers décorent, d’ailleurs, les allées du château.

Mais au-delà des récompenses liées au Kickstarter, le jeu réserve des secrets et des clins d’œil pour le moins incongrus, comme la musique Crucified d’Army of Lovers remixée pour l’occasion ou plusieurs références à Jojo’s Bizarre Adventure pour ne donner que quelques exemples. On aimerait désormais qu’IGA « ose » également transgresser les codes du genre qu’il a contribué à rendre célèbre, dans une suite de Bloodstained que l’on espère encore plus différente de Castlevania.

badges conseille

Le retour d’IGA aux Metroidvania se fait sans surprise mais avec un plaisir non-dissimulé. Bloodstained est étonnamment riche et le plaisir que procure l’exploration est tout simplement délectable. Il faudra cependant fermer les yeux sur une technique un peu juste et des petits soucis de finition. On attend très franchement de revoir la série avec, on l’espère, plus d’audace encore et totalement affranchie de son modèle Castlevania.

Les plus

  • Charadesign signé Akira Toriyama
  • Aventure longue en mode solo
  • Les nouveautés apportés par rapport au premier opus
  • Mode pur bac à sable

Les moins

  • Sentiment d’être parfois un peu trop assisté
  • Des quêtes qui peuvent être un peu répétitives

Bloodstained convient :

  • aux fans de Castlevania
  • aux amateurs de Metroidvania
  • à ceux qui aiment explorer pendant des heures
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