[TEST] Sekiro : Shadows Die Twice, successeur de Tenchu

Après la trilogie Dark Souls et Bloodborne, les sadiques de From Software récidivent avec Sekiro : Shadows Die Twice. En plein dans l’époque Sengoku du Japon médiéval, préparez vous à mourir… Et pas que 2 fois!

Protéger l’héritier divin

A l’issue d’une guerre remportée par le clan Ashina, la Chouette, maître shinobi, découvrit un enfant seul sur le champs de bataille. Il le nomma Loup (Sekiro en japonais) et le prit sous son aile, l’entraînant sans relâche des années durant. C’est ainsi que Loup devint lui-même un maître shinobi. Le vieux maître fit entrer son disciple au service du clan victorieux, lui rappelant de ne jamais trahir le Code Shinobi et de protéger son maître, quel qu’en soit le prix.

20 ans plus tard, le clan Ashina est presque détruit, la Chouette est morte et Kuro, l’héritier du clan a été enlevé pour percer les mystères de son sang. Loup a perdu toute envie de vivre et c’est dans ce contexte, au fond d’un puits, que l’aventure commence… Une femme mystérieuse, une lettre, et Loup se réveille et décide de secourir son jeune maître. Sans armes au départ, cette introduction fait office de tutoriel.

Shadows die… and retry!

Ceux d’entre vous qui ont connu les Soulsborne savent que la moindre erreur dans ce type de jeux peut être fatale. Videz la barre de vie d’un boss jusqu’à ce qu’un dernier coup suffise à le tuer, et c’est lui vous assène un coup fatal. La frustration et l’envie de s’améliorer sont parties intégrantes du gameplay.

Par contre, From Software ne nous a pas servi un Dark Souls au Japon. Ce n’est pas un copié-collé en changeant de décor. Le soft était même à la base prévu pour la franchise Tenchu, que les plus anciens ont connue à ses débuts sur PS One.

Ici nous avons donc un héros imposé, que l’on ne peut personnaliser. Sekiro parle aussi, ce qui n’était pas les cas des héros dans les franchises Soulsborne. Le grappin ajoute également de la verticalité. On pourra souligner aussi, au grand dam des adeptes de glitchs qu’il n’y a pas de level up dans Sekiro. Impossible donc de partir dès le départ avec un personnage fort et résistant et de se promener en tranchant ce qui nous passe devant le sabre. C’est seulement par le biais d’items récupérés sur les boss que l’on pourra augmenter sa barre de vie et sa force.

Découper les fantassins de base ou les poulets géants rapporte quand même des points d’expérience, rassurez vous. Ces derniers servent à obtenir des points de compétences, à débloquer dans un arbre. Certaines s’avéreront très utiles comme la taillade tourbillon ou le contre Mikiri, d’autres carrément salutaires comme récupérer de la vie à chaque coup mortel réussi.

Une blessure causée par un sabre plein de rancoeur ne guérit jamais

Venons en à l’essence même de Sekiro : les combats. Tous les ennemis affrontés auront 2 barres au dessus de la tête. La première représente la vie restante et la seconde la posture. Pour faire simple : réduisez la barre de vie à 0 et l’adversaire est mort. Cassez sa posture et vous pourrez lui infliger un coup mortel. Ces derniers se soldent toujours par d’immenses gerbes de sang, dans le plus pur style japonais, celui-là même qui inspira Tarantino pour Kill Bill.

Si les premiers sbires rencontrés peuvent être occis facilement, en ne faisant que leur donner des coups de sabres répétés, cela se complique rapidement, notamment avec les boss et même les « demi-boss ». En effet, il faudra infliger à ces derniers plusieurs coups mortels. N’espérez pas foncer dessus comme un bourrin, vous seriez stoppé très rapidement dans votre élan. Le secret de la victoire repose bien plus souvent dans les parades que dans les esquives.

C’est également le cas dans les zones où plusieurs ennemis sont regroupés. Foncer dans le tas ne pourra que vous conduire à une mort certaine. L’idéal sera soit de les éliminer un à un discrètement, soit de carrément les éviter.

Stealth Assassin

Loup est une ombre. Il bouge en silence, fait de petits pas rapides lorsqu’il sprinte, saute sur les murs… Bref, c’est un vrai shinobi et chacun de ses mouvements a été reproduit avec soin par les développeurs de From Software. C’est grisant de sauter de toit en toit avant de fondre sur un garde et de l’exécuter.

En plus du grappin, sa prothèse peut être améliorée par le biais d’outils shinobi tels qu’un lance shuriken, une hâche, un tube cracheur de flammes… En tout une dizaine d’accessoires meurtriers qui permettront d’atteindre les points faibles de différents ennemis.

La nouveauté introduite dans Sekiro, c’est de pouvoir ressusciter immédiatement en combat. C’est possible un nombre limité de fois, mais ça évite d’être renvoyé directement à la dernière idole visitée. En effet, si vous mourrez contre un boss, vous retournez à ces statues faisant office de checkpoint (entre autres choses), et il faut se retaper tout le chemin y menant. Je précise que tous les ennemis découpés sur la route seront de retour à la même position. Autant dire que ça finit souvent en rage quit!

La mort comme décor

La guerre. Les villages que l’on traverse sont à moitié détruits. On voit des cadavres dans les maisons, des chevaux morts dans les écuries. Des soldats patrouillent et des pillards sont à la recherche de butin… L’ambiance des conflits entre provinces du Japon féodal, pesante et dramatique, est superbement retranscrite.

Si les décors sont grandioses, qu’il s’agisse de montagnes, de rivières ou de villes, on ne peut néanmoins pas en dire autant de la modélisations des personnages, qui s’avère parfois un peu grossière.

Les cinématiques elles, sont magnifiques, rien à redire. A savoir que les options permettent de jouer en VF intégrale. Vu le thème, j’ai opté pour les doublages en Japonais avec les sous-titres français et niveau ambiance, c’est juste parfait. D’ailleurs si je peux vous donner un conseil : jouez avec un casque. Vous verrez la différence! On entend mieux le bruit des pas.

En effet, pour ajouter à la difficulté du titre, il n’y a aucune map à l’écran! Il n’est pas possible de marquer des ennemis. C’est seulement si l’on se fait repérer que ces derniers seront signalés par un curseur. Il n’y a pas non plus de missions ou d’objectif. Le seul but de Loup est de retrouver Kuro. Il est fort possible que 2 joueurs ne suivent pas l’histoire tout à fait dans le même ordre car plusieurs chemins peuvent être empruntés. On avance et on tue, on tue et on avance.

Ketsuron (d’après Google Trad ça veut dire « Conclusion » en Japonais)
Conclusion

En digne héritier des Soulsborne et de Tenchu, Sekiro se veut difficile et exigeant. Il nous impose de chercher la bonne stratégie d’attaque, de nous améliorer au fil des combats. Pour cela, il faudra se montrer persévérant et dépasser sa frustration. Techniquement réussi, dans une ambiance du Japon féodal retranscrite avec soin, notamment grâce à sa superbe bande son, le hit de From Software mérite entièrement son succès.

Attention toutefois, ce titre n’est pas à mettre entre toutes les mains. Il n’y a pas de mode « facile », vous êtes prévenus. Alors si vous butez pour la vingtième fois sur le même boss et que vous êtes sur le point de jeter la manette dans l’écran, posez la calmement. Il recommence à faire beau, allez donc faire un tour, prendre le soleil, vous calmer… Ensuite rallumez la console et éclatez moi ce fils de ****!

Le seul point qui m’a empêché de lui donner une note de 10 est sa difficulté extrême qui en rebutera plus d’un. En dehors de ça, Sekiro est un must have de cette génération de consoles.

Note des lecteurs0 Note
0
✅ Points forts
La difficulté !
L’ambiance Japon médiéval
Possibilité de jouer en VF intégrale
Incarner un Shinobi
❌ Points faibles
La difficulté !
La modélisation des personnages
Pas toujours de checkpoint à proximité des gros combats
9.5
/10
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