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[TEST] Death Stranding: demi succès ou double niveau de compréhension?

Notre test sur le dernier jeu de Hideo Kojima

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Difficile de se lancer dans le test du dernier né de chez Kojima. Après une saga culte comme celle de Metal Gear, après un départ de chez Konami, après une campagne de lancement du jeu aussi longue qu’intrigante, ce n’est pas sans une certaine appréhension que je me suis lancé dans le jeu et que je me lance à l’instant dans la rédaction de ce test.

En effet, sorti il y a quelques jours, le jeu divise les opinions. Les notes mondiales le montrent clairement, opposants qui crient au génie à ceux criant… à la bouse.

D’emblée le titre pose son cadre. C’est beau, c’est vaste. Et c’est lent. Le titre se veut posé, proposant de nombreuses cinématiques, longues, bien narrées ; on sent la patte d’un réalisateur de ciné. Et ça n’est pas pour me déplaire.

D’autant plus qu’il est important d’être attentif à ce qui se dit. L’intrigue n’est pas évidente à prendre en tête dès le premier abord.

Des êtres pas tout à fait mort vous courent après. Et mieux vaut ne pas vous faire choper! Les conséquences pourraient être dramatiques. Les États-Unis ont subit des catastrophes à répétition, à base d’explosions exceptionnelles. Il ne reste que des cendres. Les humains tentent de survivre dans ce monde ravagé, seuls chacun de leur côté.

Mais une personne a eu une vision: les villes reliées entre elles grâce à un réseau chiral, sorte de mega-internet ultra-super-haut débit. Mais pour cela, il faudra que différents endroits de la carte soient équipés et reliés à ce réseau.

Voilà la mission de Sam Porter: transporter les éléments nécessaires à chacun et les relier à ce réseau.

Le fond du jeu est ici: livrer des paquets d’un point à un autre. Créer des routes et des structures permettant ces livraisons. À vous de choisir la manière dont vous vous y prenez, comment vous chargez la marchandise et quels équipements vous prenez. Le gameplay se fera dans le détail. Vous aurez la possibilité d’utiliser la douche pour vous équiper d’armes spéciales par exemple.

En effet, la route ne sera pas sans embûches. On n’est pas dans une camionnette UPS!

Le monde est arpenté par ces âmes, les Échoués, qui tenteront de vous attraper, pour vous faire affronter des mini-boss. Autant le dire de suite, au début, vous n’aurez qu’une solution: la fuite.

Mais au fur et à mesure que vous livrerez vos paquets, les autorités vous permettront de vous équiper de mieux en mieux. Ils commenceront par vous récompenser en vous attribuant des « Likes » selon vos performances.

En effet, ces « Likes » constituent ce qu’on pourraient qualifier de points d’expérience. Plus vous êtes efficaces, plus vous en recevrez. Ceux-ci se répartiront dans 5 catégories: la vitesse de livraison, l’état de la marchandise, le poids transporté, une catégorie divers et une catégories « pont de connexion ».

Et voici la première étrangeté du jeu. On met de côté les morts qui vous attrapent, d’autres jeux sont fans de ce genre de chose. Étrangeté disais-je que ces ponts. En effet, alors que le jeu est en solo, que vous sentez l’isolement dans ce monde gigantesque, vous n’êtes pas seul à jouer. Alors que vous connectez les relais et abris, apparaissent des éléments déposés par d’autres joueurs ; des caisses perdues, des ponts franchissant une rivière trop profonde, etc.

Utiliser ces éléments créera des connexions entre vous et d’autres personnes. Vous verrez apparaître des sentiers là où rien n’était présent quelques minutes plus tôt.

Bien sûr, ce genre de multi asynchrone existe déjà dans d’autres titres, où les joueurs peuvent vous apporter un coup de main face à un ennemi coriace, mais là, le titre pousse le concept plus loin. Ce sont les interactions avec les autres qui pousseront le jeu en avant. Que les autres soient des PNJ ou d’autres Sam Porter.

Le gameplay est difficile à décrire en détail, puisque justement il est bourré de détails. Cependant, il est indispensable d’être bien averti de ce dont il s’agit. La majeure partie du temps, vous êtes seul, galérant à marcher dans des environnements superbes certes, mais vides, désolés, difficile à arpenter.

Le jeu est lent, et la satisfaction ressentie lors d’une livraison longue et difficile est à la hauteur du sentiment de frustration ressenti lors de la marche. Pourtant, on prend plaisir à arpenter ces routes, se les faciliter avec différentes améliorations.

Un gameplay à creuser, mais surtout un concept à avoir à l’esprit

En effet, le titre doit être lu à différents niveaux. Le jeu lui-même peut paraître rébarbatif, mais le monde vous entraînera dans son univers. La technique ne gâche rien à l’aventure. Les décors sont somptueux, les personnages bien modélisés et bien incarnés par le casting de folie.

La philosophie sous-jacente se traduit dans le jeu lui-même. Sam doit connecter les gens et le titre vous connecte aux autres joueurs. Les joueurs contents de vous vous accorderont des « likes », et cela vous fera autant plaisir que cela pourra vous aider à gagner des niveaux et ainsi améliorer le personnage. Et tout cela est expliqué par le titre, à base de sécrétion d’ocytocine.

Le jeu se plaît, voire se complaît, dans une lenteur narrative, contemplative. De longues phases de jeu succèdent à de longues cinématiques. Le titre prend le temps de se poser, se raconter. D’autant que vous pourrez compter en plus sur des mails des PNJ, pour vous remercier, vous passer commande, vous expliquer ce qui se passe autour de vous.

Il y a en effet énormément (!!!) de lecture hors cinématique (je pense bien plus que dans un Control), dont certaines sont particulièrement importantes et explicatives, énormément de petites choses à découvrir et à collecter.

Imaginez le titre qui se pose à l’intersection d’un NieR Automata et son côté philosophique et d’un Uncharted (ou Tomb Raider comme vous voulez) et son rythme alternant gameplay et cinématique.

À vous de vous saisir de ce que le titre offre. Vous n’aurez que les indications de bases, beaucoup d’autres fonctionnalités seront à découvrir par vous-mêmes.

Petit cadeau si nécessaire, la touche « option » permet de passer certaines « cinématiques ».

Quand on l’a en main, difficile de le lâcher

En effet, à l’instar d’un No Man’s Sky (dont on pourrait comparer les campagnes de lancement et le résultat d’ailleurs…), le jeu vous propose différentes « petites » tâches à réaliser, et quand vous lancez le jeu, vous pourrez autant faire de petites sessions que de longues heures de jeu.

Alors que je finissais le titre, je me suis fait la réflexion que j’avais joué à des jeux plus courts que l’épilogue.

Mais l’univers vous attrape, à l’instar des Échoués, et ne vous lâche plus. Les personnages sont tellement beaux et attachants.

D’autres auront un charisme de dingue comme sait le faire Hidéo Kojima. Qui ne se souvient pas de Psycho Mantis? On risque de se souvenir longtemps de Higgs (Troy Baker) et Mads Mikkelsen.

Plus qu'un jeu, une expérience

Le terme d’expérience apparaît de plus en plus souvent ces derniers temps dans le paysage vidéo-ludique. Souvent pour désigner des tentatives de jeu, des concepts, ou tout simplement des productions limite au rabais. Dans ce cas, le titre tire son épingle du jeu, si j’ose dire.

Il faut toutefois être prudent pour se lancer dans le jeu. Le fond est très spécial. Il s’agit bien de faire « simplement » des livraisons d’un point A à B.

Pourtant, on prend plaisir à parvenir à destination. Et même à faire des allers-retour. Au fur et à mesure, on se sent de moins en moins seuls, de plus en plus connectés.

Là réside le coup de génie du titre. Son jeu se traduit dans nos sensations. Si vous êtes attentifs, ouvert d’esprit, le concept sous-jacent illustrera votre propre vie. Comme à son habitude, Kojima sait nous mettre sous les yeux les travers de notre époque, mais avec un soupçon d’espoir en l’avenir.

À vous cependant de vouloir prendre en main ces éléments. Soyez averti que le titre est lent et bavard. Mais l’histoire mérite qu’on s’y attarde, la philosophie mise en avant m’a particulièrement touché.

Une fois n’est pas coutume, je mettrai deux badges sur le titre:

Si vous appréciez les titres qui prennent le temps de se poser, qui ne vous guident que partiellement et qui proposent une histoire bien prise de tête, vous adorerez le titre

badges excellent

En revanche, si vous n’êtes pas adepte, si vous aimez le dynamisme et la concision, attendez peut-être un peu pour le trouver à un prix acceptable

badges conseille

Les plus
  • Une technique incroyable
  • Un casting de folie
  • Des personnages charismatiques
  • Des missions à réaliser qui s’enchaînent avec plaisir
  • Une philosophie sous-tendue par le concept du jeu
  • Une cinquante d’heures de jeu sans les voir passer (et il reste du terrain à parcourir)
  • Quantité d’infos à parcourir
  • Plein de clins d’oeil à la culture video-lugeek
Les moins
  • Légères baisses de framerate quand il y a beaucoup d’animations à l’écran
  • Rythme assez lent (à voir si c’est réellement un défaut…)
  • Énormément de lecture, le jeu ne vous prend pas par le main à tout bout de champ (à voir si c’est réellement un défaut…)
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