[Test] Ghost of Tsushima, de samouraï à fantôme

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Annoncée lors de la Paris Games Week de 2017, la dernière grosse exclusivité de cette génération, Ghost of Tsushima était attendu tant par les fans de culture japonaise que par ceux de jeux en open world. Développé par Sucker Punch (Sly, Infamous), la sortie du soft était initialement prévue le 26 juin 2020 puis fût repoussée au 17 juillet dernier. Il est donc enfin disponible dans nos consoles, et il est l’heure du test.

 

Je ne me détournerai jamais de la voie du Bushido… enfin un peu

Ghost of Tsushima nous invite à incarner Jin Sakai, samouraï, fils d’un noble assassiné et neveu du seigneur de l’île de Tsushima, le seigneur Shimura. En 1274, alors que l’île est en pleine invasion mongole, Shimura et ses samouraïs, dont Jin, font face à l’envahisseur sur la plage de Kobe. La bataille sera au final une véritable boucherie et tous les samouraïs périront, à l’exception de Jin, laissé pour mort, et de son oncle qui sera capturé et retenu captif par Khotun Khan, le cruel chef mongol. Ce dernier a étudié le Japon avant de préparer son attaque, jusqu’à en apprendre la langue.

Pour libérer son oncle et l’île de Tsushima, Jin se retrouve donc seul. Seul face à l’une des armées les plus redoutées au monde. Il va donc devoir se trouver de nouveaux alliés car tous les samouraïs de l’île ont péri. Et si se battre avec l’honneur que les samouraïs brandissent comme un étendard n’est pas efficace contre cet ennemi, il va devoir trouver d’autres façons de se battre, quitte à laisser de côté ce code d’honneur avec lequel il a été élevé… Il doit devenir le fantôme de Tsushima.

 

Sakai dies twice?

Souvent comparé à Sekiro : Shadows die twice, notamment à cause du contexte historique et géographique similaire des 2 jeux, il n’y a par contre pas d’autres points communs entre eux. Le titre de FromSoftware étant un Souls-like avec tout ce que ça implique comme combats hardcores contre des monstres issus d’un univers fantasy, celui de Sucker Punch se rapproche plutôt d’un Assassin’s Creed : il s’agit d’un jeu action/infiltration en monde ouvert, comprenant aussi des éléments de RPG. On y retrouvera également des phases de gameplay qui rappellent d’autres titres phares comme le pistage qui m’a fait penser à The Witcher 3 ou encore la libération de villages qui m’a rappelé les libérations d’avant postes dans Far Cry. On peut aller à l’affrontement direct comme rester caché, assassiner en silence et même libérer des animaux de leur cage pour qu’ils fassent le boulot à notre place.

Notre samouraï va évoluer tout au long de l’aventure, chaque mission effectuée fait augmenter le niveau de légende, et débloque de nouvelles armes de fantôme, augmente la jauge de santé et celle de détermination. Mais chaque niveau est également jalonné de points de compétences qui permettront d’en obtenir de nouvelles dans les 3 domaines : samouraï, postures et fantôme.

Jin pourra également s’équiper de différentes armures. Certaines s’obtiennent automatiquement en avançant dans le scénario, d’autres seront à rechercher via des quêtes annexes. Chacune possède des attributs propres et on pourra donc alterner entre elles selon le type de missions : infiltration, combat, recherche de collectibles… Les armures, tout comme les armes, peuvent être améliorées auprès des artisans spécialisés en échange de matériaux que l’on trouve un peu partout dehors ou sur les ennemis vaincus.

 

Bushido Blade

Le système de combat du soft s’avère un peu particulier. En effet, il n’y a pas moyen de verrouiller sa cible. Les développeurs ont justifié cela par le fait que cela réduirait la fluidité des combats. C’est donc un coup de main à prendre (c’est assez rapide) que de suivre l’action en tournant la caméra soi-même avec le stick droit. Par contre, ça peut devenir un peu brouillon dans les batailles contre beaucoup d’adversaires, et plus encore si vous avez des alliés à vos côtés. Sinon c’est un système classique : coup rapide, coup puissant, esquive et parade.

Quand il suit le code d’honneur samouraï, Jin peut également lancer une confrontation en provoquant ses adversaires via la touche haut du DPad. S’ensuit alors une petite scène où les combattants se mettent en place en se faisant face. Il faut alors maintenir enfoncée la touche triangle et ne la relâcher que lorsque l’ennemi attaque pour lui porter un coup de katana fatal. Mais attention ! On affrontera au fur et à mesure des adversaires plus expérimentés qui feront des feintes d’attaque. Si on a le malheur de relâcher triangle à ce moment là, c’est lui qui nous assènera un coup qui nous laisse aux portes de la mort. En effet il ne restera dans ce cas plus qu’un fil dans la barre de vie, au moindre coup reçu c’est la fin.

Ce qui m’amène au système de soin. Dans Ghost of Tsushima, on ne se soigne pas avec des potions ou des sorts de soins, on récupère de la santé comme un vrai bonhomme, uniquement avec sa détermination. En appuyant sur la touche bas, on récupère donc de la vie en échange d’une sphère de la jauge de détermination. Cette dernière se remplit à nouveau en exécutant des ennemis.

 

Un billet pour Tsushima svp

Le moins que l’on puisse dire du soft, c’est que sa réalisation est très soignée. Les développeurs se sont apparemment rendus plusieurs fois sur l’île de Tsushima afin de s’imprégner de son ambiance et de ses paysages. Et le résultat, ce sont des graphismes à couper le souffle ! Impossible de dire qu’il n’y a pas de petits défauts par-ci par-là mais il faudrait vraiment être de mauvaise foi pour dire que le jeu n’est pas magnifique. La modélisation des personnages est vraiment très détaillée, et on constate que l’apparence varie avec l’environnement : quand on se bat, on est recouvert de sang, quand on se roule dans la boue, de terre, etc… D’ailleurs les gerbes de sang s’étaleront aussi généreusement sur les murs et sur le sol, c’est digne de ce qu’on peut voir dans le cinéma asiatique où les saignements sont souvent volontairement exagérés. D’ailleurs, en combat j’ai été étonné du fait qu’il n’y ait pas de membres ou de têtes tranchés, car après tout, un katana ça coupe non?

Il est à noter qu’on peut également sélectionner dans les options un mode « Kurosawa », du nom du fameux réalisateur entre autres du film « Les 7 Samouraïs », dont la longue carrière en a fait un monument du cinéma japonais. Ce mode permet de jouer en noir et blanc, comme un film d’époque, avec les dialogues en japonais sous titrés en français. J’en profite pour signaler que les doublages français sont bons, mais le contexte invite quand même plus à jouer avec les doublages japonais. Enfin, ce n’est que mon avis. 

La bande son n’est pas en reste et contribue à cette ambiance du Japon féodal si particulière. Et bien que le studio Sucker Punch soit occidental, le jeu a fait un véritable carton sur l’archipel nippon, au point d’être en rupture de stock dans une bonne partie du pays.

Sony prouve (si c’est encore nécessaire) avec cette nouvelle exclusivité, qu’il y a encore une place et un public pour les jeux d’aventure en solo, et que non, le futur du jeu vidéo ne sera pas uniquement multijoueur en ligne.

Alors certes, Ghost of Tsushima n’apporte pas d’innovation majeure au style, mais le contenu est là, et il est très bon. Et pour ne rien gâcher, le scénario nous prend par les tripes au moment où on s’y attend le moins. Il est vrai que le début me semblait assez mince niveau narration mais, même si je ne spoilerai rien, il arrive un moment où l’histoire s’emballe et là ça devient vraiment épique et ça monte en puissance jusqu’à la fin!

 

Ghost of Conclusion

Sony et Sucker Punch frappent donc fort pour finir cette génération de consoles en beauté. Ghost of Tsushima réunit un cocktail d’ingrédients qui permet d’en faire un grand jeu. L’action, l’infiltration, l’ambiance, la narration… Il n’y a pas beaucoup qu’on puisse lui reprocher. Je recommande ce jeu à tous les amateurs de grand spectacle, de cinéma asiatique, ou même tout simplement de jeu vidéo. C’est clairement le type de jeu qui a le potentiel pour devenir un classique.


 

Mention « Excellent » pour le fantôme! Sucker Punch a mené à bien le développement de son jeu avec honneur!


Ce jeu conviendra aux amateurs de :

  • Assassin’s Creed
  • L’ombre de la Guerre

Les plus

  • les graphismes
  • le scénario
  • la personnalisation et l’amélioration de l’équipement
  • la réalisation au top

Les moins

  • combats brouillons quand beaucoup de personnages à l’écran

 

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