[TEST] Shenmue I & II HD : Retour à Yokosuka

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Version du jeu acquise par ma douce femme, testée sur ma PS4 Pro

Comment vous faire comprendre quel émotion j’ai ressenti en retrouvant Ryo. C’est indescriptible, c’est émouvant, c’est magique et pourtant, c’est … réel. Alors oui, ce test sera incontestablement teinté de nostalgie et de fan-touch. Cependant, je serais totalement objectif sur la qualité du portage.


Hazuki Family: Une histoire de vengeance

Vous incarnez Ryo Hazuki, un jeune japonais de la ville de Yokusuka qui vit le meurtre de son père sous ses yeux par un certain Lan Di. Un long périple attend alors notre jeune héros afin d’assouvir sa soif de vengeance. C’est ainsi que l’aventure-exploration-enquête débute. Dans le quartier de Yamanose, vous allez devoir interroger les personnages susceptible de vous aider dans votre quête afin d’engranger des informations et faire avancer votre enquête.
La ville de Yokusuka se découpe en plusieurs quartiers, certains seront débloqués au fur et à mesure de l’histoire. Vous allez devoir recouper plusieurs informations, vous souvenir des noms des personnages avec lesquels vous avaient discutés, cela fait partie de l’apanage de Shenmue, le sentiment de faire partie d’un petit village, et d’appeler les PNJ par leurs prénoms, et c’est bien là le charme de cette saga.

Lan Di, toujours aussi charismatique

Malgré le fait que l’enquête reste au cœur du jeu, les nombreux à côtés enrichissent l’expérience, les mini-jeux de la salle d’arcade, la collection de figurines, et les combats peuvent rallonger considérablement la durée de vie du jeu. Dans Shenmue, rien n’est laissé au hasard, rien ne sert de rusher. Prenez le temps… de vivre. Discutez avec les personnages de la ville, visitez les différentes boutiques, vous débloquerez peut-être une scène cachée. De nombreuses quêtes annexes sont disponibles ici et là, en suivant un processus d’action assez spécifique ou par pur hasard. Oubliez donc les notifications, les icônes contextuelles, le seul ATH que vous aurez à l’écran sera votre montre.

Un portage qui méritait (un peu) mieux

On va directement parler des choses qui fâchent, pour mieux se concentrer sur les points positifs. Il arrive, de façon aléatoire des écrans noirs, gris, blancs viennent envahir l’écran lors des cinématiques. Rien de mieux pour couper complètement l’immersion du jeu, sans oublier les quelques bugs de caméras qui sont parfois très gênants. Et c’est bien dommage, quand on sait que Shenmue a été un précurseur dans beaucoup de domaines (je m’étonne encore de voir les yeux de Ryo suivre les mouvements des PNJ).
Malgré tout, le portage est loin d’être dégueulasse, la résolution 16/9 s’adapte parfaitement à nos écrans modernes, les nombreux options comme le choix de la langue (anglais ou japonais) ajoutent un vrai plus à l’environnement de jeu. La possibilité de passer en 4/3, de changer les commandes du jeu, et plusieurs autres réglages viennent agrémenter le menu plutôt fourni des deux jeux.

Sans oublier que l’intégralité des deux jeux ont été traduits en français. Près de vingt ans après, la magie de Shenmue opère toujours aussi bien, et on se laisse facilement transporter par l’ambiance du jeu. On s’accroche aux différents personnages de la ville et à la personnalité de Ryo. À noter que les temps de chargement sont aujourd’hui quasi-inexistant, et ne sert que de point de repère. Il est désormais disponible de sauvegarder à n’importe quel moment, plus besoin de retourner dans la chambre de Ryo. Le menu principale affiche quelques options de réglages sympathiques, comme le fait de flouter légèrement l’image afin de rendre le rendu moins pixelisé, mais aussi la liste des coups d’arts martiaux appris, et les fameux jouets que l’on s’octroie dans les différentes machines éparpillés dans les deux jeux.

Un petit goût de Sleeping Dogs, ou de Yakuza vous dîtes ?

Néanmoins, on aurait apprécié une modélisation de certaines textures et images fixes du jeu. Même si ça ne gâche en rien le plaisir du jeu, les modélisations des dernières productions AAA piquent nos petit yeux. Aussi, l’absence du Shenmue Passport est à déploré, on aurait aussi aimé quelques bonus ici et là, comme des artworks exclusifs.

Un jeu qui date de 1999

Plongeons dans le vif du sujet, le jeu a vieilli, oui. Le gameplay de Shenmue reste très daté pour l’ère des open world d’aujourd’hui, et les environnements parfois très clos gênent parois l’expérience de jeu. Le jeu souffre de ralentissements dans certains passages de Shenmue I, rien de grave certes, mais il faut tout de même le souligner. Les cinématiques restent quant à elles dans leur format original en 4/3, on aurait apprécié un effort de ce côté-là aussi. Le système de QTE est toujours aussi plaisant, et les différents combats et courses poursuites sont un vrai plaisir à jouer. Voir Ryu, et ses amis dans des scènes d’action me font toujours autant plaisir. En parlant de combat justement, le système marche toujours aussi bien, apprendre les différentes techniques du jeu pour les tester sur nos adversaires reste pour moi un des meilleurs éléments du jeu.

Ça va bastonner, fort !

Mais il n’y pas que de la castagne dans Shenmue, les personnages rencontrés lors des deux jeux présentent des traits de caractère bien distincts, et on s’attache rapidement à eux, les échanges des personnages avec notre héros, discret et introverti, participe merveilleusement au déroulement du scénario. N’oublions pas aussi, que Shenmue est le père spirituel de Yakuza, n’ayez aucun doute là-dessus. Les mini-jeux comme les bras de fer, machine à sous, fléchettes constituent un passe-temps agréable (même si la fonctionnalité d’avancer le temps est implanté dans Shenmue II), on apprécie une partie de Mah-Jong, et/ou des bastons de rue pour s’entraîner et gagner de l’argent. Rajouté à tout cela, une histoire harmonieusement orchestrée, et vous aurez le chef d’oeuvre qu’est Shenmue. Les scènes d’action qui font monter l’adrénaline , couplé à la poésie de certaines rencontres viendront rythmer votre long périple. Quand je vous dis qu’il y a pas forcément besoin de tour en feu, ou de brisement d’os pour donner du tonus à une histoire, Shenmue en est le parfait exemple. L’histoire se termine sur une phrase “The story goes on“, ce qui implique une suite, auquel on aura droit le 27 août 2019.

Shenmue I,II et III

J’ai terminé les deux jeux pour la quatrième fois, Shenmue fait partie des licences auxquels je rejoue quand l’avis me vient un beau matin. Cette fois-ci fut différente, car totalement traduite dans la langue de Molière. De plus, la sensation de frustration et de tristesse n’étaient plus là lors du générique de fin. Shenmue a conquis mon cœur il y a de cela près de vingt ans, et il m’émerveille toujours, une pointe de nostalgie, et un gros espoir pour la suite seront les derniers sentiments qui m’habiteront au moment d’éteindre ma PS4.

Une fois le jeu terminé on ne peut que se réjouir que dans moins d’un an, on aura (enfin) la suite tant attendue des aventures de notre jeune héros. La cinématique de fin vous hype au point le plus culminant. Et, je met tout mes espoirs sur Yu Suzuki et son équipe. J’ai de bons espoirs que la licence gardera son charme originel, et qu’elle ne sera pas travesti. Le créateur de Shenmue a réussi à débauché les grands noms des deux premiers Shenmue, réputé comme pointilleux lorsqu’il s’agit de ses oeuvres, Mr Yu Suzuki sait qu’il est attendu au tournant par des milliers de fans.

7.5
Magique

Le père spirituel de Yakuza est revenu sur PS4, un an avant la sortie de Shenmue III. Après le bashing des fans sur les réseaux sociaux pour avoir ce portage, SEGA a su écouter les fans de la licence et nous a proposé un portage potable.

  • Note Globale 75%

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