[Test] Skelattack : un jeu plaisant où on ne fait pas de vieux os

Un metroidvania aussi plaisant que court

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Avec un sceau aussi mythique que celui de Konami apposé sur le projet, le risque est grand de considérer Skelattack comme autre chose que ce qu’il est : un jeu indé aussi modeste que sympa. Évidemment, le nom de l’éditeur suscite la curiosité, surtout que le jeu est sorti quelques jours à peine après son annonce surprise. Développé par le studio indépendant Ukuza Inc., Skelattack n’a pas l’ambition de raviver la gloire passée de Konami mais il n’en demeure pas moins agréable et accessible.

Squelette à l’attaque

Dans ce metroidvania aux décors et aux sprites entièrement dessinés à la main, le joueur incarne Skully, un squelette tout juste arrivé dans le royaume des morts et qui doit suivre un rituel pour que ses souvenirs humains lui reviennent. Cependant, au cours de l’épreuve, les hommes attaquent le royaume. Accompagné de son ami chauve-souris Imber, il doit empêcher les troupes humaines d’obtenir la flamme bleue mais aussi sauver l’Ancien pris en otage.

Il faut savoir que Skelattack n’est pas sous-titré en français et que les textes sont entièrement en anglais. Ce pourrait être anodin si le jeu n’était pas aussi volubile : il y a énormément de dialogues avec des jeux de mot, des gags, etc. Si on ne comprend pas bien l’anglais, on passe à côté de beaucoup de ressorts comiques du titre, ce qui n’empêche absolument pas de le finir. À ce propos, l’histoire n’est pas un simple prétexte à l’action : elle est même plutôt intéressante avec une révélation finale bien menée que l’on n’attend pas dans un jeu d’apparence si léger.

Des environnements déjà vus pour un level design réussi

Skelattack prend la forme d’un metroidvania très simple d’accès où le joueur évolue de zone en zone, chacune étant connectée au village qui sert de hub central avec ses différents commerces. Les zones ne sont malheureusement pas originales avec les traditionnels égouts, forêt, caverne de lave… La première zone de Skelattack est d’ailleurs le niveau des égouts, ce qui n’est pas du tout rassurant pour la suite, surtout que les sensations manette en main sont un peu bizarres. Par exemple, le squelette peut rebondir sur les parois : il ne faut pas appuyer sur le bouton de saut pour cela mais diriger la croix directionnelle dans le sens inverse. On prend cependant vite le pli et le jeu devient très addictif, dissipant les doutes des premières minutes.

Chaque zone est composée de différents tableaux, eux-mêmes découpés en différents défis ponctués de points de contrôle. Après une phase de plateformes difficile, le joueur allume une torche murale où il revient en cas de mort. Il n’y a pas de « game over » et les phases les plus retorses ne sont jamais frustrantes, puisqu’on revient quasiment instantanément au dernier point de contrôle. Chaque tableau propose différentes activités (plateforme, recherche d’une clé pour ouvrir une porte, séquences où l’on contrôle la chauve-souris Imber, infiltration…) pour une variété de gameplay bienvenue.

Le level design est plutôt réussi et finalement assez varié, même si l’abondance de projectiles (flèches, boules de feu, etc.) peut se montrer déroutante. Hélas, le joueur n’est pas suffisamment primé lorsqu’il sort des sentiers battus : en explorant des zones manifestement annexes (un couloir bourré de pièges, un cul-de-sac…), on n’est guère mieux récompensé que par quelques pierres de monnaie locale.

Un jeu qui manque de défi

Le côté « die and retry » couplé à la grande accessibilité du titre (on ne peut pas mourir puisqu’on est, techniquement, déjà mort) donne cependant l’impression que Skelattack a l’arrière-train entre deux chaises. Il y a des passages très difficiles mais le positionnement rapproché des points de contrôle ne rend pas les exploits du joueur très gratifiants. Dans le même genre, Gato Roboto est plus exemplaire avec une exploration très agréable mais des murs de difficultés à franchir à chaque boss. Ici, les combats eux-mêmes sont un peu trop simples pour qu’on en garde un souvenir impérissable. On n’aurait pas craché sur un mode de difficulté supplémentaire.

L’autre point qui laisse supposer que les développeurs n’ont pas su trancher entre le défi et l’accessibilité est la présence d’une barre de vie. Il y a des pièges qui tuent instantanément Skully et d’autres qui font perdre des points de vie. Pourtant, une fois la barre vide, le joueur retourne au dernier point de contrôle, de la même manière que s’il était tombé dans des pics, par exemple. Alors parfois, quand on n’a pas beaucoup de points de vie, il est plus intéressant de se suicider pour revenir au dernier point de contrôle avec une barre de vie pleine.

Au cours de son exploration et comme dans tout bon metroidvania, le joueur peut faire évoluer Skully et Imber, grâce à des buff permanents et à de nouvelles capacités. Trouver des matériaux rares augmente en effet l’attaque, quant au movepool du duo, il évolue avec quatre capacités au total : se soigner, une attaque à distance, un triple saut et la capacité de détecter les plateformes invisibles grâce à un sonar (cette dernière capacité ne servant que dans la dernière zone du jeu). Avec l’argent glané les niveaux, il est possible d’augmenter ses points de vie totaux et l’efficacité de ses sorts. Une poignée de quêtes annexes permet de prolonger le plaisir.

Un plaisir hélas trop court

C’est peut-être le plus grand défaut de Skelattack : c’est un jeu très court que l’on finit en quelques heures à peine. Rien n’empêche de le finir en une seule session de jeu. Pour les besoins du test, il n’a fallu que 4 h pour en faire le tour. Le déficit d’à-côtés ne permet pas de prolonger le plaisir puisqu’il n’y a que quatre trophées au total… Ceux-ci tombent avec l’histoire et on les obtient tous en un seul run. Quel dommage !

Quoi qu’il en soit, Skelattack est un jeu très plaisant à pratiquer, aussi parce qu’il est agréable visuellement. Les sprites et les décors sont, dans l’ensemble, plutôt charmants et le rendu visuel est très coloré. La lisibilité n’est pas toujours optimale mais la variété des décors, d’une zone à l’autre, ainsi que la qualité des animations, toujours bien découpées, rendent l’univers de Skelattack très vivant. On regrette que l’expérience soit si courte car on a vraiment envie d’en voir plus. Peut-être qu’une suite nous donnera l’occasion de retrouver le duo Skully et Imber.

Skelattack n’a pas l’ambition des plus grandes légendes de Konami mais il est aussi suffisamment plaisant pour qu’on le termine sans s’ennuyer. On n’a d’ailleurs pas vraiment le temps de tourner en rond puisque Skelattack est malheureusement un peu court et il manque de défi. Mais ses visuels colorés et l’envie d’explorer en font un jeu particulièrement agréable. On espère vivement qu’une suite permettra de prolonger l’expérience parce qu’on ne cache pas rester un peu sur notre faim.

Les plus :

• Facile d’accès avec de nombreux points de contrôle
• Un level design suffisamment varié
• L’évolution des capacités est bien calibrée
• Les sprites et les décors sont entièrement dessinés à la main

Les moins :

  • Pas de localisation en français
  • Des environnements qui manquent d’originalité
  • Pas de modes de difficulté supérieurs
  • Un peu trop court dans l’ensemble

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