[Test] Trials Of Mana – Une Douceur d’Antan Eco+

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En ces temps de Remake et Remaster fleurant bon la nostalgie, Square Enix nous a couvert de sa relecture la plus attendue, Final Fantasy VII (dont notre test est lisible ici). Mais ne comptant pas s’arrêter en si bon chemin, il en profite pour ressortir un titre mythique de l’ère Super Famicom, Seiken Densetsu 3, mieux connu sous le nom de Trials Of Mana. Pourtant ce titre ne joue clairement pas dans la même catégorie que son cousin éloigné.

Une histoire d’antan

Sorti en l’an de grâce 1995, Trials Of Mana fut une révolution technique pour son époque, de par ses qualités graphique, d’animation ou ses mécaniques de jeu. Le titre n’avait jamais pu atteindre officiellement le vieux continent avant l’année dernière dans la Collection Of Mana, sortie sur la console de Nintendo.

Dans le monde de Mana, les forces du mal complotent pour renverser l’ordre établit des choses. Après avoir choisi votre avatar et ses 2 compagnons d’armes, parmi une sélection de 6 personnages répondants à des archétypes prédéfinis (aussi bien dans le rôle que dans la personnalité), vous voilà parti à la recherche de l’Épée de Mana afin de déjouer l’infâme plan, tout en résolvant les quêtes personnelles des membres de votre équipe (sauver un ami, conflit familial, etc…)

Délivrant une expérience tout droit sortie de 95, vous voilà à parcourir le monde. Voyageant de ville en ville, vous vous devrez de retrouver les esprits élémentaires qui vous aideront dans votre labeur, à coup de donjons et d’affrontement, pour finir sur une carte du monde totalement ouverte et explorable, afin de compléter ce que vous auriez pût rater.

Au fur et à mesure vos personnages prendront des niveaux, débloqueront des compétences afin de se renforcer, des attaques, des sorts et de l’équipement de meilleure qualité. À l’instar des oeuvres de l’époque, on ressent vraiment une montée en puissance, commençant au rang de simple troufion, pour finir au statut de demi-dieu imbattable, effet renforcé par le système de Classes (8 par personnages, dont 2 exclusives à ce remake), vous offrant un nouveau skin, des emplacements de compétence supplémentaires, et des attaques de classe de plus en plus dévastatrices tout autant qu’impressionnantes visuellement.

Un jeu d’antan

Mais tout n’est pas resplendissant au pays de Mana. Bien que le jeu bénéficie d’une direction artistique travaillée, affichant une colorimétrie qui peut par moments vous rappeler les plus beaux visuels que pouvait offrir une console 16 bits, les personnages accusent une certaine rigidité dans la mise en scène des dialogues et autres cinématiques. Vous aurez le plaisir de voir le plus grand recyclage de PNJ de l’histoire du jeux-vidéo, on change la couleur des cheveux, on rajoute une mèche, on met une moustache, et voilà un tout nouveau personnage, en mixant ces variantes, vous avez une infinité de combinaisons. Vous aurez également affaire à des temps de chargement, courts, mais très récurrents, alors que le moteur graphique ne semble pas être une révolution technique.

L’histoire est d’un classicisme sans grande surprise, tout comme le level design, si vous voyez sur la carte un couloir qui ne mène à rien, c’est qu’il y a très probablement un coffre. Les combats sont plutôt agréables à jouer, même si le titre en comprend beaucoup, un peu trop à certains moments serait-on tenté de dire, puisque manette en main, cela se résume à traverser une ville en parlant à 3-4 PNJs, sortir de la ville pour arborer le donjon d’à côté, le traverser pour pourfendre moult mobs peu belliqueux, arriver à la ville suivante, recommencer. Certains donjons étant particulièrement longs plus que durs, vous serez très soulagé d’en arriver au bout tant le supplice de la répétitivité se fait resentir. Seuls les combats de boss offriront un chalenge différent, bien que toujours simpliste, puisque avec la bonne stratégie appliquée à vos alliés, spammer en continue votre combo et vos attaques de classe suffiront à en venir à bout.

Une saveur d’antan

A titre personnel, je n’ai pas fait le titre originel, mais quelques recherches m’ont appris que ce remake, hormis le passage à la 3D, est très proche de son modèle. Les différents scénarios, bien qu’un peu plus approfondis, sont dans la même veine, et racontent la même histoire qu’en 1995. Le vrai contenu exclusif à cette refonte du titre est une 4e classe pour chaque personnage, et un donjon long et peu inspiré, car mis à part quelques environnements inédits mais vides, se contentera de recycler des environnements déjà traversés, avec quelques modifications afin de coller à l’atmosphère du donjon.

Pourtant, malgré tous les défauts énumérés depuis quelques lignes, la sauce prend, on continue de suivre l’histoire, on s’attache à ces personnages et leurs arcs narratifs respectifs, d’enchainer ces combats répétitifs. Mais pourquoi ?

A l’heure des productions AAA calibrées pour plaire au plus grand nombre, Trials Of Mana a la logique de prendre le contre-pied. Pour les plus anciens, cela reviendrait presque à goûter une sucrerie de notre enfance, et de se rappeler des nombreuses heures passées après l’école à vouloir sécher son jeu jusqu’au bout. Pour les plus jeunes, cela peut être l’occasion de découvrir un gameplay atypique pour notre époque, un gameplay resté dans les années 90-2000.

Conclusion
D’abord surprenant dans son approche très old school, Trials Of Mana commencera par vous jeter au visage ses défauts, affichant ainsi la couleur pour les 20 prochaines heures de jeu qui vous attendent, et bien plus si vous souhaitez faire chaque scénario. Mais plus vous vous laisserez prendre au jeu, plus celui-ci vous révèlera, non pas son charme, mais le charme de son modèle initial. Dans un pur jus des 90’s, vous y trouverez un titre assez complet, même si très simple à jouer. Le dernier titre de Square Enix ne se veut pas accessible à tous, mais principalement aux nostalgiques de l’ère 16 bits, et à ceux souhaitant découvrir de ce qui faisait le sel d’un jeu de cette époque, sans avoir à passer par un visuel retro-gaming/pixel art, qui certes plaît, mais pas au plus grand nombre. Bourré de qualités tout autant que de défauts, nous sommes face à un titre qui se retrouve entre 2 chaises, entre accessibilité et mécaniques datées mais efficaces.
Les Plus
– Découvrir un titre peu diffusé en Europe
– La direction artistique
– Une épopée à l’ancienne
– Le système de combat
– L’évolution des personnages
– Les classes
Les Moins
– Une réalisation qui manque de peps
– Graphiquement faible
– Le donjon supplémentaire anecdotique
– Très redondant et convenu
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