WRC 8 – Après la tempête vient le beau temps

Boue Simulator 2.0

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WRC 8 est la quatrième mouture WRC qui soit parue sur PS4 et comme à l’accoutumée depuis WRC 5, qui date tout de même de 2015, c’est le studio de développement Français Kylotonn Racing, alias “KT Racing”, chapeauté par BigBen qui est reconduit aux manettes, ou plutôt aux claviers. Leur objectif ? Nous proposer une édition renouvelée, au goût de 2019, qui sera on l’espère savoureuse.

Quel accueil !

Dès le lancement, première image et WRC montre déjà les crocs avec une magnifique vue sur la Ford Fiesta M-Sport 2019 qui nous attend patiemment sur le pas de tir… euh de course. La vue est bien évidemment en temps réel et utilise le moteur de jeu. On a le sentiment que l’équipe de développement ne s’est pas tournée les pouces durant les presque 2 années qui nous séparent du précédent opus, mais ne nous emballons pas de si vite, ne sait on jamais !

Ma jauge est elle remplie au max ?

WRC 8 propose, comme cela se fait de plus en plus dans les jeux de course, de ne pas vous plonger dans le vif du sujet, pas de suite… mais vous jauger. Un mini questionnaire vous demande à quel niveau vous pensez être dans les jeux de courses de type simulation.

Pourquoi ? Parce que le gameplay va être “préparé” pour vous, avec des réglages qui dépendent de votre réponse.

Vous prenez immédiatement le volant pour un galop d’essai et votre chrono confirmera (ou non) vos aptitudes. Pas de panique, quel que soit le mode choisi, le jeu n’est pas tatillon pour deux sous, voire plutôt encourageant.

En fin d’essai (qui pour ma part fut laborieux, ayant choisi immédiatement expert…) ce petit questionnaire se finit par l’affichage de quelques réglages essentiels pré-configurés en fonction de vos résultats. Vous pouvez bien entendu modifier tout cela (de suite ou plus tard).

Cela m’a permis au passage de décrocher mon premier trophée “cascadeur” …on ne se moque pas ;). J’ai quand même réussi à mettre ma caisse sur le toit 50 mètres après la ligne de départ… c’est ça d’avoir trop la confiance !

Un menu vivant.

Un des aspects que je trouvais vraiment pas terrible dans WRC 5 et 6 était le menu et l’ensemble d’interfaces du jeu. Cela faisait très technique, très austère et “on n’a pas que ça à faire”. Heureuse nouvelle, depuis leurs dernières réalisations : VRally 4 et WRC 7, les gentils programmeurs et spécialistes des interfaces graphiques en on pris de la graine et on commencé à réorienter l’aspect visuel de ceux-ci.

Le menu de cette édition est plus vivant et “graphique”. A nous les belles images chatoyantes, les photos sur-saturées en couleurs vives avec des voitures, des pilotes, des paysages… ça rappelle le bon vieux temps de WRC 4 (Milestone) avec ses magnifiques vidéos au ralenti en fond de menus.

Des voitures, du sable projeté dans les airs, un pilote renommé…
que le spectacle commence !

Nous retrouvons cette année des tuiles partagées sur 4 écrans :

  • Accueil : qui regroupe la dernière activité effectuée, les challenges, les news et le profil : la fameuse “Driver Card”.
  • Solo : qui propose la carrière, partie rapide, saison, test area et entraînement.
  • Compétition : dédié au multi en ligne et local en écran partagé(!), les classements ainsi que des événements/challenges que l’on a déjà vu en partie sur l’écran d’accueil.
  • Enfin Options : qui est resté coincé en 2015… à l’ancienne mode et permet d’effectuer tous les réglages (paramètres, commandes, gameplay, audio), afficher les crédit et gérer les données.

Le 5ème et dernier écran est tout simplement une vue du bolide actuellement sélectionné. A vous le tour du proprio sous tous les angles !

Des réglages de jeu aux petits oignons

La partie réglage globale est très riche et permet d’adapter le jeu à ses désir dans les moindres détails. Il est même possible (merci !) de désactiver le motion blur (Ahhh la bonne époque de GTA 3 et ses motion blur à outrance…).

Plusieurs préréglages de périphériques sont enregistrables afin d’adapter les commandes, sensibilités, zones mortes et autres dingueries à chacune de vos manettes ou volants. Vous pourrez également agir sur les paramètres physiques du jeu dans de très nombreux aspects, vraiment beaucoup…

Pour avoir suivi depuis des mois les vidéos et communications autour du développement de WRC 8, je sais d’avance qu’ils ont beaucoup planché sur les aspects “Moteur Physique” et “Volant / Pédalier” afin de proposer un gameplay travaillé et réaliste pour ceux qui sont équipés. Qu’en est il pour le commun des mortels, équipé de sa “simple” Dual Shock ? nous le verrons dans la partie dédiée au gameplay et la maniabilité.

La carrière, un jeu à part entière

Qui dit WRC, dit forcément carrière ! Si dans les précédents opus ce mode n’était au final qu’une succession de “playlists” de championnats et rallyes qui s’enchaînent sans véritable trame ni transition, WRC 8 fait table rase du passé et prend le pari de vous immerger davantage dans l’univers du rallye de manière globale en vous sortant de votre cockpit. 

A la manière d’un Grid ou F1, WRC va vous proposer cette année de prendre les choses en main. De simple exécutant derrière le volant vous devrez prouver que vous savez aussi être aux manettes…

Avec cette édition, la carrière prend de l’altitude…

L’édition 2019 vous propose donc de survoler tel un Dieu décideur un ensemble de bureaux dans votre hangar d’écurie. Chaque bureau correspondant à un aspect particulier de gestion :

Très logiquement, un nouveau calendrier est disponible. Dans celui-ci vous avez enfin le droit de placer vos évènements !
Pour une fois le calendrier n’est pas un simple bouton “on passe à la suite” mais un vrai espace interactif où vous pourrez placer et choisir quoi faire entres les rallyes. Bien entendu le nombre de cases est assez succinct, aléatoire et il n’y a pas réellement de notions de dates, mais c’est une belle évolution dans “l’interactivité” des saisons.

Une vision plus globale et le pouvoir de décider… un petit peu

Les évènements que vous pouvez placer dans votre calendrier sont pour le coup intéressants et relativement nombreux, il permettent de ponctuer efficacement le vide temporel qu’il existe en pratique entre deux rallyes avec des séances de : 

  • Repos (et oui il faudra parfois se reposer et laisser son équipe reprendre des forces),
  • Entraînement (qui se substitue à l’école de pilotage)
  • Conditions extrêmes (apprendre à conduire dans les pires conditions météo avec la voiture dans un état lamentable et tenter d’aller le plus loin possible dans les temps impartis)
  • Essais constructeurs (envie de découvrir de nouveaux bolides et essayer de plaire à d’autres constructeurs ?)
  • Défis constructeurs
  • Événements historiques (avec des voitures mythiques…)
  • Maintenance (car il faudra bien s’occuper de bichonner son bolide)
  • etc…

Belle surprise, Un espace R&D est disponible et propose, tout comme F1 2019, de travailler avec un arbre de Recherche et Développement.
Collectez des points de R&D en gagnant des rallyes ou en réussissant des défis et vous pourrez les dépenser progressivement et débloquer de nouvelles aptitudes ou améliorations qui influeront directement sur les capacités de votre équipe, son endurance, ses performances, son moral, son coût, etc.

Un arbre bien rempli… mais au départ seules quelques feuilles le décorent.

Votre véhicule n’est pas en reste puisque vous allez en tirer des performances et une fiabilité améliorée. A vous donc revient toute la latitude et les responsabilités nécessaires pour orienter la stratégies de votre équipe et effectuer des choix cruciaux pour l’avenir.

Gestion d’équipe
Votre équipe peut se composer de 6 corps de métiers : météorologue, directeur financier, ingénieur, mécanicien, agent, kiné (oui)… et bien entendu tout à un coût.
Vous prendrez donc également la casquette d’un recruteur ou plutôt DRH. Étudiez les profils disponibles et ceux que vous possédez déjà. Chaque corps de métier propose plusieurs personnes aux talents, nationalités et coût variés. A vous de faire le bon compromis entre prix et compétences. A vous de ne pas dépasser le budget (très limité au démarrage) et faire en sorte que l’afflux d’argent soit constant.

Certains corps de métiers sont à débloquer.
Des stats détaillées de tous vos équipiers sont disponibles

Ah au fait, les réparations que vous devrez effectuer durant les rallyes seront à votre charge. Veillez donc à ne pas être à court de liquidités. Pour cela il va falloir se la donner… en tant que pilote. Vous avez des bouches à nourrir !

La notion globale d’équipe est très riche car il faut entretenir son moral, éviter que ses membre ne se fatiguent trop, parfois en remplacer ou en recruter de nouveaux.

Mails
Permet d’être informé de la suite des évènements, connaître des informations vitales de la part d’autres personnes de l’équipe ou de votre constructeur, d’autres constructeurs, des médias, etc. L’interactivité est davantage poussée car vous aurez l’opportunité de répondre à des demandes, payer des factures, effectuer des choix… Les mails sont organisés par sous-dossiers thématiques et couleurs, ce qui vous aidera à mieux les trier. Les plus récents sont en surbrillance et apparaissent en premier. Petit bémol toutefois, comme à l’accoutumée, à la longue on se rend compte que les mails de chaque thématiques se ressemblent tous, ne sont que des textes à trous et qu’au final les interactivités sont relativement limitées.

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Objectifs
de saison ou court terme, ces objectifs permettent de dynamiser (et on l’espère améliorer) la relation que vous entretenez avec votre constructeur. Cela va de pair avec sa réputation que vous devrez éviter le plus possible de ternir. Ces objectifs sont variés et entretiennent la pression en vous lançant des défis permanents : Choisir un style de gomme, ne pas effectuer de réparations, ne pas avoir déclenché de pénalités, limiter les réparations, les dépenses, faire des podiums, etc…

Objectif atteint = argent, expérience, relations au beau fixe, équipe remontée à bloc…

Stats
Les statistiques permettent de confronter très finement votre évolution à celle des autres pilotes. Vous verrez donc de beaux graphiques et histogrammes comparatifs montrant l’évolution de plusieurs données clés. Vous pouvez dans chacun d’eux cocher les personnes qui vous intéressent afin d’espionner leurs performances et faux pas.

Temps, usure du bolide, pneus utilisés, réputation…

Classement
Permet de consulter le classement de la saison, des équipes, constructeurs, etc. Pratique pour anticiper les exigences de performances que l’on va vous demander.

Réglages
Les possibilités de réglages sont très très…. très fines et concernent pratiquement tout ce qu’il est possible de configurer… Par défaut c’est pas mal mais si vous espérez grappiller des secondes supplémentaires il va falloir mettre les mains dans le cambouis !

En mode avancé cela peut aller très loin, pour chaque catégorie de réglages.

Test area
Un bon petit bac à sable qui m’a de suite fait penser au compound de Dirt 3 : un espace récréatif (très vaste) où vous pouvez faire ce que bon vous semble, tester des configurations voitures/gameplay, improviser des parkours, etc.

Tiens j’ai déjà vu cette 406 quelque part… Le test area contient toutes sortes d’installations, parkings, sauts et autres terrains de jeux avec des revêtements et reliefs ultra variés.

Place à bord du cockpit !

Ahhh enfin nous allons pouvoir piloter ! Mais il faut trouver un contrat !
Comme d’habitude, WRC 8 vous propose de commencer en Junior… mais laisse la possibilité aux joueurs aguerris de se passer de cette formalité et débarquer directement en WRC 2 ! Pour ma part je n’aime pas griller les étapes donc à moi les tires qui avancent comme un escargot !

Ne soyons pas gourmand dès le début 🙂

Selon la catégorie dans laquelle vous vous trouvez en mode carrière, le choix des voiture sera plus ou moins restreint. En WRC Junior, seule la Ford Fiesta R2 sera disponible, alors que le choix s’élargira et proposera un panel différent de véhicules par la suite.

Chaque véhicule/équipe officiel du championnat FIA 2019 est présent pour les catégories WRC Junior, WRC 2 ainsi que la catégorie reine : WRC, évidemment…

Aperçu de quelques modèles (en mode solo simple), en mode carrière ce sera la voiture qui vous choisira… 😉

Des véhicule historique seront également de la partie avec la Lancia Fulvia, la démoniaque Lancia Stratos, la Polo WRC (elle me manquait tiens…), et la Proton Iris R5 ! Elles seront testables lors d’évènements historiques mais le choix du véhicule est automatique et assez restreint. Sachez que d’autres modèles viendront plus tard via des DLC comme par exemple la Renault 5 Turbo, Renault Alpine, Ford Escort MK II et bien d’autres.

Cela manque un peu de décalcos Alitalia ! Des modèles sont un peu « brut de décoffrage » sans les sponsors d’époque.

Bon passons vraiment derrière le volant !

Une fois au volant, ce sont plusieurs vues disponibles qui vous permettront d’adapter le jeu à votre vision des choses.

Dans le cockpit la visibilité est réduite et l’accent est mis sur un intérieur plutôt bien modélisé !

Plutôt vue pilote ? tableau de bord ? capot ? pare-choc ? poursuite de la voiture ? Pour une fois j’ai trouvé que toutes les vues disponibles étaient très jouables ce qui n’a pas été le cas de toutes les éditions passées. Deux types de vues externes sont présentes : fixe et dynamique (légèrement plus concentrée sur le tracé que sur la voiture)

En vue dynamique on voit davantage la voiture « chasser du derrière »

A cela, d’autres vues viennent s’ajouter lors des replays comme des caméras cinématiques, la vue aérienne depuis l’hélicoptère, la vue incluant le copilote…

Les vues externes permettent une rotation à 360° autour du véhicule

Le hud rassemble de très nombreuses jauges et afficheurs. On peut par exemple suivre en détail l’avancée des dégâts sur les pièces de la voiture ainsi que l’usure des quatre pneus de manière indépendante, ce qui nous renseigne immédiatement sur le grip à disposition.

Le HUD rassemble toutes ces informations sans interférer. Les vues pare-choc, capot et tableau de bord resteront les plus précises en terme de ressenti… et à privilégier pour les séances où la visibilité est minimale !

Les classiques sont tous là : Vitesse, rapport enclenché, jauge de progression dans la spéciale, indications co-pilote, temps et j’en passe !

Je vois en HD

Si celle année je n’ai pas forcément l’impression d’avoir pris une claque magistrale, WRC 8 est très certainement la mouture de la série qui est la plus travaillée et la plus jolie de toutes !

Si autrefois, le clipping était (abusivement) prononcé, avec des éléments de décors qui apparaissaient vraiment très tardivement, il se fait pour ainsi dire quasiment oublier. Les textures sont bien raccord au niveau des liaisons et transitions de terrains, les décors font plus naturels et plus finement détaillés, on devine moins les éléments dans leur individualité.

Les détails ne manquent pas.

Même si tout n’est pas parfait tout le temps, on a beaucoup moins l’impression de “copier-coller” tout le long d’un tracé. Tout est dans les détails avec la présence de nombreuses traces de pneus aux points de cordes de virages serrés mais pas que. La terre semble avoir été foulée un millier de fois, les hélicoptères ne font plus de surplace mais vous suivent, des drones viennent de temps à autre vous espionner puis s’en vont, des engins agricoles et autres voitures sont posés aux abords ou dans les alentours, des petites routes longent la piste… bref cela rappelle avec nostalgie WRC 4 et ses “petits détails” comme les parapentes évoluant au loin ou des poids lourds qui circulaient sur les viaducs passant au dessus de nos têtes !

Le rendu de l’eau et certains détails sont soignés. Maintenant la structure bois des portiques, repères et autres panneaux posés au sol apparait.

Ce qui m’a le plus touché c’est la qualité et la variété de reproduction des paysages. Chaque pays a sa personnalités graphique, beaucoup plus encore qu’auparavant. L’impression de “déjà-vu” est pour ainsi dire nulle de l’un à l’autre.

Ahhh l’Allemagne et ses larges plaines…

Toutefois une remarque : les personnages dans le public sont toujours attachés par les pieds, posés par grappes à intervalles assez réguliers les uns des autres et regardent toujours dans la même direction (pas forcément la vôtre)… personne ne pense à ceux qui bougent ? vont chercher un sandwich ? ou suivent simplement la voiture de la tête ? Nous sommes en 2019 quand même… Leurs mouvements sont peu nombreux mais les postures relativement variées.

Ils sont là… ils vous attendent…

Pour parler davantage performances, si on se souvient avec absence de nostalgie du très piteux nombre de FPS de WRC 5 ainsi que son tearing complètement à la ramasse (image qui est hachée en bandes horizontales), vous serez ravi d’apprendre que la fluidité est au rendez-vous et que le tearing est absent (que le motion blur soit actif ou pas).

La fluidité est constante et consistante et on a l’impression de s’approcher davantage du 60 FPS, ce qui est très appréciable !

La gestion des lumières a été une fois de plus améliorée et donne un rendu photoréaliste à certaines scènes et paysages. L’éclairage dynamique ne donne plus l’impression que le temps est figé, les lumières sont parfaitement retranscrites, les ombres résultantes des couchers de soleil rasants sont impressionnantes de réalisme. Les effets de particules ne sont pas en reste avec de la poussière qui se soulève du sol, les insectes volants qui apparaissent dans les rayons de lumière, la rosée du soir, le brouillard, la fumée qui s’enroule autour des roues quand on tape un burn… une fois de plus le pas en avant graphique est saisissant.

Les rendus de nuit sont très bien reproduits. Les particules et les saletés sur la caméra sont de la partie pour ajouter une couche de réalisme.

Météo et autre dégradations boueuses

Suivant fidèlement les pas de F1, cette mouture 2019 de WRC propose une météo dynamique ! Ce qui implique logiquement qu’une spéciale par temps incertain va très certainement se dérouler sur du sec, puis une averse commencera tout doucement à faire ruisseler quelques gouttes sur votre pare brise, puis on va passer au cœur d’un orage (voire une tempête ultra violente), puis enfin sortir de là et se retrouver avec un ciel éclairci et un sol resté détrempé par cet évènement.

On se surprend à espérer que la pluie soit de la partie !

Le comportement de la voiture est lui aussi bien évidemment affecté de manière dynamique et très réaliste en temps réel. Il faudra donc s’équiper d’un météorologue de talent pour éviter d’être pris en traître par le temps et surtout bien choisir ses pneumatiques avant de se lancer.

Le rendu de la pluie, sa présence sur la caméra ou le pare brise, sa dynamique sont parfaitement saisissants de réalisme. Le pare brise sera non seulement aspergé d’eau mais de boue lors des écarts de conduite, à vous de déclencher les essuie-glaces pour ne pas finir aveuglé.

La vue capot ne bénéficie pas des essuies glace, contrairement aux vues internes.

Les orages et tempêtes sont tout autant impressionnants, que ce soit du point de vue visuel, sonore ou dans la mise en scène avec des arbres qui sont ballotés et dont les branches s’agitent de manière davantage naturelle.

Bien entendu, il n’y a pas que la pluie, toutes les phases de la journée sont elles aussi bien retranscrites.

Halos, reflets sur le tableau de bord, contre-jours…

Les tracés

Globalement les tracés sont plus sinueux et plus étroits. Les bosses et irrégularités sont monnaie courante. La présence de pierres, nids de poules, débris et autres rochers “gênants” ajoute à la granularité des détails. Fini le « tapis de billard » large et peu défoncé !

Ne pas trop serrer à droite au risque d’en faire une décapotable…

Le travail et le soin apporté au réalisme des tracés est assez fou, à aucun moment on a l’impression de retrouver une piste “simpliste”. Chaque mètre carré semble avoir été travaillé en détails de manière individuelle. Ce qui implique que vous devez beaucoup plus mémoriser, apprendre et maîtriser, car les occasions de faux pas sont beaucoup plus nombreuses.

Les tracés prennent beaucoup d’altitude, on ressent beaucoup plus les dénivelés et parfois on a l’impression de vertige tellement on côtoie le vide de part et d’autre de la piste. Sensation que j’avais pu expérimenter dans une moindre mesure dans V Rally 4 .

On top of the world…

Les distances à parcourir sont également beaucoup plus importantes (certaines spéciales se déroulent sur plus de 20 Km), expliquant en partie la diminution du nombres de spéciales (2) et de journées (2) pour chaque championnat en WRC Junior et WRC 2.

Toutefois, ne perdez pas trop l’habitude d’effectuer 5 ou 6 spéciales sur 3 jours car une fois hissé en catégorie WRC ce sera enfin le cas ! Ces journées seront agrémentées de « special stage » (S.S.S), « épreuves spéciales » (E.S) et à tous les coups un « power stage » de clôture (P.S) permettant de grappiller de précieux points supplémentaires.

Sorties de routes punitives

Une des nouveautés de WRC 8 est liée à son désir de réalisme. On le voit bien, BigBen a voulu donner à son titre phare un pedigree beaucoup plus axé “simu” et on ne leur en veut pas, bien au contraire. Oubliez les mauvaises habitudes, oubliez vos acquis, oubliez tout des anciens opus, il va falloir tout réapprendre… pourquoi pas ?

Ici, c’est le réalisme qui compte (un peu trop), parfois au détriment du fun. Si sur piste il n’y a quasiment rien à reprocher à la physique du jeu et au travail de l’équipe de KT Racing, les sorties de routes sont tout de suite plus délicates… pour vous.

Là où le bord de la route n’était au final qu’une zone qui ralentissait la voiture dans les précédents opus, ici c’est la réalité qui revient de plein fouet. Écartez vous un tant soit peu du chemin, posez une seule roue dans une bordure un peu trop glissante ou creusée et c’est un rappel à l’ordre immédiat. Tout d’abord car la voiture va se comporter telle qu’elle devrait le faire en vrai, en déviant fortement de son cap, en perdant de la précieuse adhérence, déséquilibrant au passage la répartition de la motricité sur chaque roues. Ensuite parce que les accotements ne vont plus vous ralentir tels des sables mouvants virtuels et ne vous empêcheront pas de faire une jolie cascade ou partir dans le vide après avoir franchi un talus… (on oublie parfois que l’on est à plus de 190Km/h et que l’on ne stoppe pas 1,2 T en 10 mètres…)

It was at this moment he knew…

Votre voiture aura également beaucoup de difficultés à se sortir d’un ravin ou un accotement escarpé, comme en vrai, les roues patinent ou ne reposent tout simplement plus sur quoi que ce soit. Il sera donc parfois obligatoire de « respawn » celle-ci après un très légère sortie de route car ce n’est pas le public qui viendra vous aider et pousser la voiture sur la piste… Ce « respawn » vous coûtera donc une petite pénalité de temps. Snif.

Et des pénalités, il va y en avoir ! Car oui, qui dit sortie de route, dit pénalité quasi systématique, surtout si on s’éloigne rapidement de la piste, ce sont jusqu’à une dizaine de secondes de pénalité qui peuvent être perdues pour un seul petit écart de pilotage (mortel dans la réalité donc on relativise…).

Sortie de route, défoncer le public (super bien placé bravo la sécurité), couper un peu trop, réapparaître manuellement… tout est prétexte à pénalité. Si Dans de vieux WRC il suffisait de faire un petit flashback (avec modération) pour repartir un peu avant l’accident, ici le droit à l’erreur n’est pas permis. Il faudra recommencer toute la spéciale… spéciale particulièrement longue. Peu tentant et décourageant quand le seul écart se situe au 19ème kilomètre, à 100 mètres de l’arrivée et vous prive d’un chrono parfait. #Rage !

En mode intermédiaire, et en faisant de mon mieux il était évident qu’il était hors de question d’effectuer la moindre sortie de route… mais sans prise de risque, dur de faire un bon temps. Dilemme vite résolu par le nombre limité de possibilités de recommencer une spéciale : 5 en intermédiaire, illimité en débutant et beaucoup moins dans les difficultés avancées.

En mode débutant il y a de la marge de manœuvre.

Pour ceux qui veulent ressentir du plaisir et l’aspect fun en priorité, je ne saurais trop vous conseiller de faire la carrière en mode débutant, ce qui vous autorise quelques petites sorties de routes sans trop pénaliser le classement final. Rien ne vous empêche ensuite, une fois la prise en main bien assimilée et votre âme de pilote boostée, de passer un pallier supplémentaire dans la difficulté du jeu.

Cet aspect “pur et dur” plaira très certainement aux plus férus de simulation parmi vous qui n’accepteront pas de mettre la difficulté en dessous de “expert” mais peut être moins aux débutants. Pour ma part, je considère avoir un profil “intermédiaire” et cet aspect a été parfois décourageant durant les premières heures de jeu. Il n’y a donc pas de honte à commencer “tranquille”, apprivoiser la physique du jeu, les différents profils de pistes et voitures (surtout la Stratos :D), prendre ses marques pour devenir plus tard un vrai addict de réglages en tous genres, appel/contre-appel, pendules, transferts de masses, etc.

Un tracé où il n’est pas possible de sortir de route mais qui en contrepartie est très technique.

Ce qui est génial c’est qu’au bout du compte, j’ai pris du plaisir et une certaine satisfaction avec ce moteur physique et ces contraintes là car ils poussent fortement à s’améliorer. Le temps d’adaptation fut long, comme à chaque itération de WRC (c’est sa marque de fabrique !).

Petite aparté : on ressent énormément le fait que Kylotonn a voulu mettre en avant le gameplay au volant+pédalier, hélas au détriment du gameplay manette qui m’a semblé beaucoup moins “calibré” que F1 2019 pour ne citer que lui. L’absence de retour haptique se ressent donc avec des vibrations peu immersives et des flaques d’eau qui déportent fortement la voiture sans qu’il soit possible de contrer le phénomène (enfin si en braquant à fond dans le sens inverse mais souvent trop tard). Enfin j’ai trouvé que les freins manquaient cruellement de mordant comparés aux opus précédents, y compris sur des véhicules relativement lents on a l’impression de freiner sur une planche savonneuse.

Des voix bien jouées

Les voix du jeu ont clairement « level up » avec cet opus ! Primo, la personne en charge de vous prodiguer des conseils durant les étapes clés de la carrière et qui vous suit tout le long de votre parcours de DRH est très agréable et fluide (c’est semble t-il la voix de Henry Deacon dans la série Eureka).

Deuzio, votre copilote dispose enfin d’une voix et une intonation dynamiques. Finis les textes lus et monotones, fini les enchaînements d’instructions hésitants remplis de blancs. A la fois précise, adaptée aux circonstances et surtout rapide, la voix de votre copilote ne donne cette fois-ci pas envie de la désactiver ou régler son volume au plus bas. Je me souviens de la déception qu’avait été pour moi cet aspect (essentiel) dans V Rally 4 ! Ici c’est tout autre chose heureusement !

Ah au fait, pour une fois, les tracés et indications copilote ont vraiment été traités avec soins car je n’ai pas constaté d’incohérences, contrairement à l’accoutumée !

Un régal pour mes oreilles

Chaque voiture et chaque moteur a ses particularités et son identité. Bien entendu au niveau du gameplay mais tout autant sur le plan sonore.

Ce n’est pas tout, le niveau de détails dans les effets sonores et environnements a clairement été réglé avec soin : bruits de gravillons, pluie qui tape sur la carrosserie, pneus qui crissent, abs qui se déclenche provoquant de multiple crissements, turbo qui s’élance et s’emballe, j’en passe… le panel de sons qui s’additionnent est assez énorme et permet une très bonne immersion comme avec un orchestre savamment mené. Même les bruits de chocs et accidents font un peu moins “artificiels” qu’auparavant.

La fameuse vue « tableau de bord », une de mes préférées quand il pleut.

Chaque vue va aussi modifier la perception sonore des choses, et c’est tout à fait bien vu (haha !).

Dans le cockpit on aura tendance à percevoir beaucoup plus fortement la transmission, les gravillons qui tapent sous la caisse ou la pluie qui frappe le toit… en vue poursuite externe tout sera entendu avec un peu plus de recul, l’échappement et l’environnement étant davantage mis en avant. Enfin en vue capot on entendra surtout le moteur, le turbo, la dump valve… Les sons environnants (comme les flaques d’eau) seront encore une fois perçus différemment.

Multi, en ligne ou avec un pote !

La carrière et le mode solo, ça va bien un instant, mais on aime aussi se frotter à des IA un peu moins robotiques et un peu plus palpables, non ? Le multi est de la partie pour notre plus grand plaisir ! Il est très rapide de trouver une partie ou en créer une. Décidez des contraintes, catégories, pays, spéciales ou laissez les autres diriger.

Le chat audio est fonctionnel et actif par défaut

Une fois sur la piste vous pouvez visualiser en temps réel la position de vos adversaires humains. Leurs « ghosts » (désactivables) sont visibles à l’écran et je dois dire que même s’il s’agit d’une forme transparente, les mouvements sont bien retranscrits, les détails sont là et les voitures ne font pas “pion que l’on déplace sur le plateau”. Pas de grosse évolution depuis WRC 5 quoi qu’il en soit, juste simple et efficace.

La jauge de progression inclut la position de tous les protagonistes

Ce fût fun de décrocher le seul trophée lié au multi (un seul ça ira merci !) en gagnant une course. Les adversaires sont de niveaux variés mais peu importe car ils ne peuvent pas vous rentrer dedans… ou presque. En effet s’ils percutent un objet, celui ci sera propulsé dans votre “dimension” aussi :D. Faites donc attention aux ballots de paille volants !

Enfin gardons le meilleur pour la fin, le multi local permet de jouer en versus sur la même console et le même écran qui sera partagé en 2 espaces verticaux (mon mode préféré). Les détails sont légèrement simplifiés pour ne pas perdre de framerate mais c’est ultra-propre, totalement fonctionnel et surtout très fun ! Le fonctionnement et les remarques sont identiques au mode multi en ligne, sauf que vous n’êtes que deux !

Le retour du bon vieux splitscreen !

Elle est où mon école de conduite ?

Il y avait une fonctionnalité que j’aimais beaucoup dans WRC 5. c’était l’école de pilotage ! Cela permettait de se former sur des aspects précis tout en étant accompagné et en voyant des exemples pratiques.

Si celle-ci semble être aux abonnés absents dans WRC 8, elle a été remplacée par les entraînements. Ce sont des boucles sur terrains variés et avec des configurations elles aussi variées. Ces boucles sont isolées dans le terrain de jeu “bac à sable” dont je parlais au début et le but sera tout simplement de tourner et tourner encore jusqu’à avoir piloté suffisamment bien pour décrocher un meilleur temps que l’or. Voilà… un peu simpliste mais des évènements de ce type seront mis à disposition régulièrement entre les championnats. A vous de décider de les faire ou non…

Les tracés d’entrainements

Les trophées et durée de vie

Les trophées de WRC n’ont en général jamais été très complexes. Certes ils demandent du temps et de l’implication (voire parfois des performances) mais jamais au point d’être infaisables. Cette année les classiques sont bien entendu au rendez-vous : gagner tous les championnats, effectuer un certain nombre de kilomètres, gagner une partie en multi, gagner un certain nombre de spéciales etc etc.

Rien qui ne soit ultra difficile, à part le trophée demandant de gagner une seule spéciale mais en mode “authentique” en solo (pensez bien qu’il ne s’est jamais déclenché en multi !). Par « authentique » je veux dire qu’il faut évincer des chronos “imbattables”. Ce sera le seul trophée qui à mon avis posera problèmes pour l’obtention du platine, à moins qu’un glitch ou une astuce ne soient trouvés d’ici là…

Pour espérer terminer le jeu et finaliser tous les trophées je pense qu’il faudra investir quelques dizaines d’heures de jeu. La carrière est beaucoup plus longue qu’à l’accoutumée avec tous les évènements qui la ponctuent et l’évolution jusqu’aux contrats WRC sera également plus longue. Pour ma part j’ai stagné longtemps en WRC 2 (3 saisons) avant d’avoir l’opportunité qu’une écurie WRC ne me propose un contrat… 

Ah enfin on m’appelle en catégorie reine !

Conclusion avec du grip

WRC 8 est une très bonne surprise, qui confirme que KT Racing a un profond désir de renouveler correctement la licence et la pousser très fortement vers le haut.
Les avancées sont nombreuses et sur des tableaux très intéressants : Carrière, gestion, réalisme de l’expérience de pilotage, fidélité graphique et sonore aux voitures en lice, fidélité aux environnement des pays, fidélité aux règlements FIA en vigueurs, météo dynamique ET réaliste au plus haut point.

Bien entendu il aura fallu près de 2 ans pour en arriver là et c’est justement un paris qui confirme que KT n’a pas voulu sortir une itération coute que coute sans apporter de vrais plus aux joueurs.

Certes il reste encore quelques imperfections, et une difficulté mal dosée qui ne plaira peut être pas au débutants. J’espère que ces petits soucis et ajustements seront gommées au fil des mises à jour !

Il ne reste plus qu’à attendre le prochain en espérant que la dynamique soit amplifiée. Et pour attendre on a de quoi se mettre sous la dent… enfin sous les roues 🙂 

Les points positifs

  • Une vraie carrière immersive !
  • Des graphismes un gros cran au dessus.
  • Fluidité, Tearing absent, clipping bien plus lointain.
  • Sensations de vitesse bien meilleures !
  • Modèles de véhicules très fidèles et détaillés.
  • Météo dynamique ET réaliste.
  • L’aspect équipe « RPG » avec R&D, compétences, gestion santé, fatigue, améliorations, atouts…
  • Environnement sonore parfaitement maîtrisé.
  • Le multi en écran partagé !

Les points négatifs

  • Un moteur physique au top tant que les roues touchent le sol, les accidents et sorties de routes sont moyennement gérés.
  • l’upload des ghosts et temps est parfois très long en fin de spéciale.
  • Vibrations de la manette moins immersives !
  • Les flaques d’eau sur asphalte font déporter la voiture sans crier gare !
  • Un peu moins accessible… il faut un temps d’adaptation.

Ce jeu conviendra aux fans de rallyes qui désireront plus de réalisme, de sensations et survoler de plus près la gestion d’une écurie de course automobile.

badges excellent
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