Jeu vidéo : Un remède contre la dépression ?

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En Mai 2019, le jeu vidéo venait d’être reconnu comme une maladie par l’OMS (organisme mondiale de la santé), cette décision a « secoué » le monde du jeu vidéo. Malgré tout, il n’y a pas eu assez de mobilisations et de pression pour faire changer le groupe d’experts en charge de cette décision de réviser son jugement. Seul l’ESA (Entertainment Software Association) s’y est opposé. Cet article n’a aucune prétention si ce n’est celle de partager mon expérience avec le jeu vidéo.


En 2012, un article paru sur Gentside indique qu’une thérapie utilisant un jeu vidéo dénommé Sparx a permis à près de 75 personnes personnes de sortir d’une dépression (étude basé sur un groupe composés de 187 personnes âgées 12 à 19 ans).

Sparx est un MMORPG gratuit sorti sur PC en 2013

Plus récemment, un journaliste du New York Times a fait part de son avis, en exposant les retombées positives sur la santé à jouer au jeu vidéo. L’article parle notamment de Sea of Solitude. L’héroïne du jeu Kay a été calquée sur la directrice artistique du jeu, Cornelia Geppert qui a connu des difficultés après une rupture en 2013. «Je me sentais comme prisonnière dans une cage», a déclaré Mme Geppert, à propos de son expérience. On peut aussi citer Celeste dans lequel le protagoniste affronte la dépression et l’anxiété en évitant les obstacles physiques et émotionnels.

Kay réalise que les créatures qu’elle rencontre sont des humains qui se sont transformés en monstres quand ils sont devenus trop solitaires.

Chrono Trigger, Suikoden & Co

Et c’est ici que je parlerais de mon expérience personnelle, certains d’entre vous se reconnaîtront peut-être. Il vous est probablement vous aussi d’avoir une déprime passagère suite à une rupture sentimentale, des problèmes financiers, des soucis de famille, ou dans le pire des cas, les trois en même temps.
Et, alors que vous ne faisiez que broyer du noir, une leur apparaît, ce jeu vous fait tout oublier. Le temps d’une partie, on s’évade en s’émerveillant devant une scène, on rigole sur un échange de dialogue, on est concentré à battre un ennemi tenace, les soucis s’évaporent comme par magie…

La différence avec un film, en dehors de la durée, c’est le lien qu’établit le jeu vidéo avec le joueur. Il tend la main aux joueurs et l’invite à partager une histoire en incarnant un personnage, en racontant une histoire et l’appel à participer à une aventure palpitante ou lui fait découvrir un univers.

J’ai découvert Chrono Trigger lors d’une dépression pendant mon adolescence. Il m’a donné l’amour que j’ai pour les JRPG.

La majorité des joueurs associe souvent leur jeux vidéo préféré avec leur première expérience vidéo ludique. Tout le monde se souvient du moment où il a posé pour la première fois ses doigts sur une manette. Cet instant a provoqué à chacun d’entre nous un moment d’émerveillement spontané, c’est souvent pour cette raison que l’on associe l’expérience de ce moment avec le jeu joué et qu’il garde une place privilégié dans notre cœur de gamer.

J’ai découvert tellement de jeu quand je déprimais que j’en viens presque à attendre ma prochaine mélancolie. Pendant mon adolescence, au début des années 2000, jouer (beaucoup) aux jeux vidéos et aimer ça était mal perçu . On était souvent catalogué et mis dans la case « NoLife », sans vie social et inintéressant. Cette période de la vie où tout tes amis vont en discothèque, sortent en soirée avec des filles, vont à la plage etc… Mais rien de tout ça m’attirait vraiment (mis à part les filles). C’est durant ces années de solitude que j’ai pu découvrir Chrono Trigger, Secret of Mana, Suikoden II, Ragnarok Online, et que m’est venu mon amour pour les JRPG.

Le réconfort de la manette

Alors que ma famille et mes amis me jugeaient, m’évitaient et me mettaient à part, les jeux vidéos m’invitaient à partager des aventures en compagnie de personnages charismatique. Un bel échappatoire à la vie réelle. Ces heures branchés à ma console n’était pas du temps perdu, comme le pensait mon entourage, mais un remède.

Les jeux vidéos m’ont inculqués nombre de savoir. Lorsque tu lis des milliers de lignes de texte (comme c’est le cas dans nombre de JRPG) dans un français impeccable, tu développes certaines facilités à l’orthographe, la syntaxe et la conjugaison. Les univers riches que je découvrais dans des jeux comme Grandia, Alundra m’ont énormément aidés lors des rédactions en cours de français. Mais pas seulement, beaucoup de jeux vidéo tirent leurs histoires de faits historiques réels comme Metal Gear Solid 3, autant vous dire que ça m’a bien aidé pendant les cours d’histoire-géographie.

En dehors de ça, à chaque rechute, les jeux vidéos étaient là et m’aider à remonter la pente à l’image d’un ami d’enfance qui donne une tape dans le dos. Lorsque les premiers MMORPG ont pointés le bout de leur nez au début de l’ère Internet, j’ai commencé à jouer à plusieurs d’entre eux. J’ai rapidement découvert que je n’étais pas le seul à être dans ma situation. De ces expériences multijoueurs a découlé plusieurs amitiés. Des amis, qui me comprenaient et partageaient mes centres d’intérêts.

Le « trouble lié au jeu vidéo »

Pour que le trouble lié au jeu soit diagnostiqué en tant que tel, le comportement doit être « d’une sévérité suffisante pour entraîner une altération non négligeable des activités personnelles, familiales, sociales, éducatives, professionnelles ou d’autres domaines importants du fonctionnement » déclare l’OMS.

Oui, lorsque le jeu vidéo devient une addiction, il faut réagir et consulter un médecin compétent. Cependant, définir un « trouble » au jeu vidéo me parait démesuré et hors propos surtout quand on connait l’essor que connait l’e-sport à l’heure actuelle. Comment ces experts définissent le statut de ces joueurs professionnelles qui s’entraînent au quotidien pendant des heures ? Sur quels statistiques et/ou données se sont-ils basés ?
L’OMS a répondu par ces mots:

« La décision a été prise par un collège d’experts issus de disciplines différentes et de différentes régions du monde, et qui se sont basés sur « données factuelles disponibles« .

Le jeu vidéo est considéré comme un art par certains, c’est une passion pour des millions de joueurs, cependant tout les avis ne sont pas pour autant positives à l’égard de ce medium.

Pour moi il a été une cure à ma vie sociale, il reste selon moi une activité thérapeutique qui aide à se relaxer, il permet d’ouvrir à la discussion avec des personne et rassemble des milliers de joueurs au quotidien sur des serveurs.

Pour comprendre le jeu vidéo, il ne suffit pas de l’analyser, il faut y jouer avant tout.

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