Shadow Of The Tomb Raider, un final imparfait

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Tomb Raider s’achève avec cet ultime chapitre de cette trilogie de reboot. Hautement attendu, extrêmement médiatisé et certainement surcôté, Lara Croft nous revient en grande forme avec quelques nouveautés bienvenues.

Dès les premières minutes, une claque émotionnelle, mélange de stress et d’oppression mais également un claque graphique : c’est beau mais … pourquoi Lara a ce visage?

Cela pourrait paraître anecdotique, mais cette pensée ne m’a pas quitté une bonne partie du jeu. Lara ne devait pas ressembler à certains moments à une jeune fille sous cortisone… Certains moments? Mais oui, j’ai eu l’impression que son visage pendant le jeu n’était pas identique à tout instant! Étrange…

Dépassé ce stade de Lara bouffie du visage, nous sommes happé par la qualité des décors et l’immersion immédiate que nous offre le jeu.

L’histoire

Cette année, Lara aura encore affaire aux Trinitaires mais dans l’Amérique du Sud principalement. A nous les forêts riches et garnies, à nous les cours d’eau d’une limpidité sans pareil, à nous les joies de l’apocalypse maya. La naïveté de cette jeune Lara la pousse à la faute et déclenche malgré elle une apocalypse sensée détruire le monde. L’histoire est posée et semble extrêmement prometteur, surtout pour un jeu d’aventure de l’acabit d’un Tomb Raider qui se veut être plus proche de sa source que les deux précédents.

Bien que la trame principale m’ait emballé, j’ai un goût d’amer, d’inachevé et de survolé une fois le générique fini. L’histoire (et je précise bien sur ce point) est bâclée, les studios Eidos Montréal, Square Enix et Cristal dynamics nous livrent une histoire en “chapitre”, c’est à dire qu’on nous propose une successions d’événements qui en arrive à une chouette finalité cependant. C’est un peu comme si les créateurs avaient fait un brain storming sur le déroulement de l’histoire, qu’ils avaient retenu une vingtaine de points et qu’ils ont brodés pour tous les lier. On nous vend de l’apocalypse, malheureusement, hormis 2 scènes rapides et posées comme un cheveu sur la soupe, c’est fade, beaucoup trop fade. On en parle tout le temps, mais on ne voit rien venir. Il y avait tellement de moyens et d’idées à mettre en place, pouvoir pousser la chose à son paroxisme pour que ce soit jouissif pour les gamers aventuriers que nous sommes. Ils se sont contenté d’une version édulcorée de se qu’ils se sont imaginé au départ.

Le gameplay

La chose qu’on ne pourra pas discuter, c’est l’ambiance, l’atmosphère qui se dégage de ce jeu. Immersif plus que de raison dans une ambiance tantôt glauque, trash, mystique et effroyable, tantôt aventurière au fin fond de la jungle soit luxuriante, soit lugubre. L’infiltration tient une place de choix, il ne vous sera pas possible de passer à côté des ennemis, mais diverses façons de les éliminer vous sera proposé.

Depuis son premier meurtre en 2013, Lara a grandi, la chose est devenu plus facile, plus tactique. Elle en devient même sauvage. Là où la licence n’avait jamais mit un point d’honneur depuis 1996, l’histoire, la personnalité et l’évolution de Lara Croft en Tomb Raider se fait par ce biais.

Comme je vous l’écrivais, l’infiltration prend une place importante, il est désormais possible de se camoufler dans des murs végétaux, de se couvrir de boue, de grimper aux arbres et d’assaillir vos ennemis par les airs, de les accrocher aux branches via votre grappin, de les tuer de manière discrète et de les emmener dans les fourrés (automatiquement), de les attraper par le bas alors que nous sommes accroché sur un rebord ou que nous soyons dans l’eau.

Dans l’eau? Oui oui, vous avez bien lu, le retour de niveaux sous-marin fait plaisir! rondement bien menés, magnifiques et essentiels dans la thématique du jeu, la possibilité d’évoluer dans les profondeur donne une touche de stress supplémentaire dans le gameplay. En effet, aucune barre de respiration, juste quelques bulles d’air disséminées ici et là afin de retrouver un peu d’oxygène. Anxiogène surtout par la bande son liée à la nage : bruits étouffés, reprise d’air qui raviront les plus nostalgiques d’entre nous. Je vous avouerais même que l’une de mes scènes préférées du jeu est aquatique. Mais je n’en dirais pas plus 😉 J’ai cependant un petit conseil à vous donner : si vous avez la possibilité de jouer avec un casque, l’expérience n’en sera que meilleure. La musique est enivrante et les situations soulignées par une bande son très efficace.

Le jeu nous donne la possibilité de choisir, dans le détail, le niveau de difficulté. J’ai détesté l’instinct de survie qui m’a détruit mon expérience de jeu lors des précédents reboots. Aujourd’hui, il est possible de modifier plusieurs paramètres. De base vous avez le choix entre 4 niveaux, qui eux-même pourront être varié au gré de vos envies, besoins ou désirs (combats, explorations et énigmes). Pour mon expérience j’ai débuté en Hard, ce qui m’a permit de jouer sans aucune aide visuelle tant pour les énigmes que pour l’exploration. Pas de marquage, pas d’objet en surbrillance, pas d’instinct de survie. Les combats en mode à la dure mais je vous avoue que j’ai tenu quelque heures avant de vouloir jeter ma manette contre le sol, j’ai quand même baissé d’un cran. De plus les ressources se font plus rares et votre santé ne se régénère pas pendant les combats.

L’inventaire de guerre et les capacités de Lara n’ont malheureusement pas pris trop d’ampleur. On ne se retrouve pas dépaysé, même si l’arc et plus particulièrement les flèches spéciales sont encore à l’honneur : la flèche qui empoisonne l’ennemi en le retournant contre ses acolytes est assez sympa mais rend les combats un poil trop simples.

Discutons des ennemis, qui au final, sont assez peu présents. Ce n’est pas un mal si leur intelligence était de mise et que chaque combat serait un moment mémorable. Il n’en est rien… Une moule possède certainement plus de répondant quand le danger se fait sentir. A titre d’exemple, les radios hurlent la présence de Lara, expliquant en long, large et en travers que des hommes ont été massacrés 2 minutes avant. Eux, préfèrent discuter d’une turbine qui fonctionne mal, sans stress. Un autre exemple, l’infiltration, assez sympa à jouer, évolue sur un plan 3D. Nous pouvons nous cacher autant dans les arbres, dans des herbes hautes, que dans des murs végétaux, avec ou sans boue. Malgré le fait que l’aventurière crève l’écran quand elle est cachée, les ennemi ne la remarque pas. Cela manque cruellement de réalisme et affecte au final le jeu, car on ne se sent que très rarement en danger. Nous avons tout le loisir de pouvoir voir le comportement de chacun, connaitre leurs déplacements pré-réglés et de monter un stratagème afin de les éliminer les uns après les autres sans éveiller les soupçons de leurs congénères.

En conclusion de ce retour de gameplay, il est génialissime de pouvoir se feutrer dans des fourrés pour se cacher des ennemis. Cependant, il est hyper frustrant de les voir si peu intelligents. Les phases d’explorations sont somptueuses comparable à un Uncharted 4 : magnifiquement linéaire. Cela n’a pas été un frein pour ma part, n’étant pas sensible au mondes ouverts dans lesquels on se laisse trop distraire par diverses missions. C’est sûr qu’il en existe dans Shadow Of The Tomb Raider, mais uniquement liés aux villages extrêmement riches que nous avons l’occasion de visiter. Le petit bonus étant la possibilité de changer l’apparence de Lara. En effet certains skins sont proposés si vous avez déjà jouer aux précédents reboots, de plus des skins d’anciens Tomb Raider sont disponibles.

Le jeu fourmille de recoins à explorer, de tombeau à découvrir, de carnet à débloquer, d’artefacts à obtenir. Alors même si le jeu se termine assez rapidement au niveau de la trame principale, la durée de jeu peut exploser si vous tenter de le finir à 100%.

Les bugs

Malheureusement, le jeu n’est pas exempte de défauts, bien au contraire. Certains prêtent à sourire mais d’autres vous plantent copieusement la joie du jeu.

Les problèmes d’affichage, sont ceux que tout le monde pourra rencontrer comme une flèche-grappin qui se plante dans le vide, tout un pan de caverne baigné de la lumière du soleil alors que cela fait 5 minutes que nous rampons de grotte en grotte. L’interaction avec les villageois est assez chaotique également mais rien de bien méchant.

Par contre, la où le bas blesse, c’est l’audio et les sous titres. Assez rapidement je me suis retrouvé confronté à une absence complète de parole. J’ai décidé de mettre les sous titre au cas où cela recommencerait (chose que je n’ai pas tardé à ré-expérimenter).  Pire! il m’est même arrivé d’avoir un décalage entre le son et l’image. Mais même dans les sous titre, ils ont réussi à se rater… Bien que le doublage français de ce troisième reboot est bien au dessus des deux précédents, je vous conseille de mettre le jeu en version originale sous-titré, en tout cas pour ceux que la VOSTFR ne rebute pas.

Game Over

En conclusion, Shadow Of The Tomb Raider est certainement l’épisode le plus mature de la trilogie. Magnifique dans ses graphismes malgré quelques erreurs, on se laisse facilement happé par les décors somptueux et effroyables. Au niveau du gameplay, la partie exploration avec l’option qui enlève toute aide technique et visuelle est techniquement parfaite : on escalade, on nage, on saute et on glisse. Tous les ingrédients sont présents pour partir à l’aventure. Mais niveau combat, bien que les nouveautés et l’infiltration soient au cœur de ce troisième reboot, il manquera à l’IA quelques neurones, malheureusement.

L’histoire était parfaite, sa réalisation manque d’envergure : trop rapide, trop fade, il m’aura manqué de la surprise, et de la prise de risque. De bonnes idées qui n’ont pas été assez exploitées ni poussées. Pour votre prochain Tomb Raider, messieurs dames des studios, faites appel aux joueurs chevronnés de la première heure que nous sommes. Nous avons les idées, nous savons ce que nous voulons, nous sommes force de propositions.

Shadow Of The Tomb Raider est un trés bon jeu, mais pour un Day One, les bugs et erreurs de sons ont eu raison d’une partie de mon plaisir de gamer, sans compter l’histoire à moitié travaillée.

Points négatifs

  • Plusieurs bugs dans les graphismes
  • IA assez aléatoire
  • Son : cinématique avec absence de dialogue audible ou non synchronisé avec l’image
  • Une Lara esthétiquement discutable
  • Histoire pauvre en contenu
  • Majorité des personnages secondaires apathiques
  • Peu de diversité dans les personnages

 

Points positifs

  • La possibilité de choisir sa difficulté par thème
  • La bande son
  • Des décors somptueux
  • Un gameplay assez riche et prise en main aisée
  • Des scènes d’exploration récurrentes mais qui fonctionnent à merveille
  • Le retour des niveaux aquatiques
  • Ambiance extrêmement bonne
  • Les plans de caméra qui soulignent le côté émotionnel (vertige, oppression)

7/10


 

 

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